Espagne : NR3A, clef de notre mémoire ?
Par Administrateur • nov 9th, 2009 • Catégorie : Les nouvelles scientifiquesJusque-là, on ne savait pas grand-chose sur NR3A. Sa nature : c’est un récepteur NMDA, c’est-à-dire un récepteur au glutamate, le neurotransmetteur excitateur le plus répandu dans le système nerveux central. Sa localisation : on le trouve plutôt dans le cerveau antérieur fœtal. Son expression : forte avant la naissance, elle disparaît ensuite vers l’âge de trois ans. Quant à son rôle ? On ne savait rien, ou pas grand-chose. Une équipe hispano-américaine dirigée par Isabel Pérez-Otaño, du CIMA de Pamplona, s’est donc intéressée à cette dernière question et, pour y répondre, a créé des souris transgéniques chez lesquelles l’expression de NR3A persiste dans le cerveau post-natal. Les chercheurs ont alors observé que les souris transgéniques étaient bel et bien capables d’apprendre sur le moment, mais qu’elles oubliaient tout dès le lendemain. Au niveau anatomique, les souris transgéniques présentent des défauts subtils dans les synapses. En revanche, si les scientifiques éliminent l’expression de NR3A, les souris retrouvent une anatomie synaptique et un niveau de mémoire normaux, même si le retrait de la molécule est tardif. La protéine NR3A joue donc un peu un rôle d’interrupteur moléculaire pour éveiller ou non la mémoire. Concrètement, cela signifie que l’on pourrait envisager, dans un futur proche, traiter via des thérapies dépendantes de NR3A, des pathologies telles que des retards de développement chez l’enfant ou même la schizophrénie, étant donné que des niveaux élevés de NR3A ont été retrouvés dans des cerveaux de patients schizophrènes. Ce travail publié dans Neuron, apporte donc beaucoup d’espoirs pour ces pathologies, face auxquelles les professionnels de santé sont bien souvent impuissants.
http://www.cell.com/neuron/abstract/S0896-6273(09)00471-1