Une lettre d’informations d’Act In Biotech

États-Unis : Un pas de plus vers la nano-IRM à température ambiante

La nano-imagerie par résonance magnétique, ou nano-IRM, qui fait descendre l’IRM à l’échelle des molécules, existe depuis près de 20 ans, grâce à la microscopie à force de résonance magnétique. Mais elle nécessite de très basses températures. Plusieurs groupes de chercheurs viennent de montrer comment la pratiquer dans des conditions ordinaires.
L’IRM permet d’obtenir des images en 3D dont la résolution est de l’ordre du millimètre. Elle s’est révélée un outil puissant, sans les inconvénients des rayons X, notamment pour étudier la structure et le fonctionnement du cerveau. De nos jours, on l’utilise aussi en imagerie médicale pour examiner les muscles, le cœur et détecter des tumeurs chez des patients.
On rêve depuis quelque temps à la nano-IRM et de bons résultats ont été obtenus depuis 20 ans, même s’il ne s’agit pas d’images d’un corps humain ou d’un organe (en 2009, réalisation d’images du virus de la mosaïque du tabac avec une résolution de l’ordre de dix nanomètres).
À terme, on attend du développement de la nano-IRM qu’elle permette d’examiner des prélèvements de cellules vivantes en descendant au niveau des molécules, voire des atomes. Cela permettrait des diagnostics fins de maladies en examinant des dommages au niveau de l’ADN, des défauts dans la structure spatiale des protéines et même d’identifier des cellules cancéreuses en observant des protéines à leur surface.
Malheureusement, la nano-IRM n’était jusque-là possible que dans le vide et à très basse températures. Or, dans l’un des articles publiés dans Science, une équipe internationale de chercheurs, Américains et Allemands notamment, viennent de montrer qu’il est possible de mesurer des champs magnétiques faibles associés à des molécules. La nano-IRM devient donc praticable dans des conditions de température et de pression normales. La clé : des « centres colorés » contenant de l’azote au sein d’un diamant (…).
Une seule de leur expérience est pour le moment seulement la preuve que la nano-IRM est possible à température ambiante et sans placer des échantillons de matière organique dans le vide. On n’en est pas encore à obtenir des images de protéines rivalisant avec celles du cerveau que l’on voit couramment dans les vidéos de présentation de l’IRM médicale. Gageons que cela ne saurait tarder, et que cette nano-IRM nous aidera peut-être à percer certains secrets des neurones pour le Human Brain Project.

Par Laurent Sacco, Futura-Sciences
Source : www.futura-sciences….

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