Une lettre d’informations d’Act In Biotech

États-Unis : Alcool : le cocktail d’enzymes qui rend sobre

Des souris ivres ont retrouvé plus vite leur sobriété grâce à des nanocapsules capables de digérer l’alcool. Au-delà de la seule performance, l’exploit ouvre la voie à de nouveaux médicaments plus complexes, à base de combinaisons enzymatiques.
C’est un petit pas en ce sens que viennent de réaliser des scientifiques de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA). Ils ont mis au point une pilule capable d’accélérer la dégradation de l’alcool et permettant un retour à un état normal plus rapidement en utilisant une technique nouvelle et prometteuse. Et pas seulement pour lutter contre l’ébriété.
L’idée consiste à utiliser des enzymes ensemble. Dans l’organisme, ces protéines actives facilitent les réactions chimiques. Lorsqu’elles sont complémentaires, elles sont souvent regroupées dans un même organite cellulaire (structure interne spécialisée) de façon à accélérer encore les processus.
Les scientifiques ont donc eu en tête de mélanger plusieurs enzymes de manière à créer artificiellement des organites capables de dégrader l’alcool. Cependant, plusieurs équipes scientifiques déjà ont échoué dans un objectif comparable, notamment parce que les protéines sont dégradées rapidement et perdent leur activité.
Les auteurs ont donc eu l’idée de les recouvrir d’un polymère non toxique. Pour ce faire, il leur a fallu créer d’un brin d’ADN doté à chaque extrémité de fragments spécifiques aux deux enzymes que les chercheurs voulaient insérer. L’une d’elles, l’alcool oxydase, catalyse la dégradation de l’éthanol en acétaldéhyde, en plus d’une molécule d’eau oxygénée (H2O2). Cette dernière est toxique pour l’organisme. C’est pour cette raison qu’il fallait une seconde enzyme, une catalase, qui favorise la dégradation de cette molécule en eau et en dioxygène (O2).
Une fois les enzymes reliées par le brin d’ADN, les chercheurs ont commencé le processus de polymérisation autour du complexe ainsi formé. Les deux enzymes encapsulées, le lien qui les unissait a été rompu, les rendant pleinement actives.
Comme expliqué dans Nature Nanotechnology, ces nanocapsules d’enzymes ont alors été injectées chez des souris ivres depuis 30 minutes. Un quart d’heure après la prise du médicament, elles présentaient 10,1 % d’alcool en moins que leurs homologues n’ayant pas reçu le traitement. Après deux heures et demie, l’alcoolémie avait chuté de 36,8 %.
Leurs nanocapsules agissent comme autant de cellules hépatiques qui vont dégrader l’éthanol et, par la même occasion, protéger le foie d’une intoxication. La preuve de son efficacité : les souris traitées présentaient un organe en meilleure santé.
Le concept des complexes enzymatiques pourrait à l’avenir être repris pour mettre au point de nouveaux traitements. Les auteurs travaillent déjà à l’élaboration d’une nouvelle thérapie contre la calvitie.

Par Janlou Chaput, Futura-Sciences
Source : www.futura-sciences….

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