Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Le français Cellectis perce en Amérique dans les cellules souches embryonnaires

La société vient de décrocher un contrat de 9,5 millions de dollars sur cinq ans auprès du NIH pour la fourniture de cellules iPS. Cellectis s’appuie sur une technologie qui a valu le prix Nobel de médecine 2012 à son inventeur, Shinya Yamanaka…18/10/12
Joli coup pour Cellectis. La société française de biotechnologie de 230 salariés vient de décrocher un contrat de 9,5 millions de dollars auprès du National Institutes of Health (NIH) et de plusieurs organismes gouvernementaux américains pour la fourniture de cellules dites iPS, sur une période de cinq ans, à travers sa filiale Cellectis Bioresearch.
Ces cellules ont les mêmes propriétés que les cellules souches embryonnaires, c’est-à-dire qu’elles peuvent se différencier dans plusieurs types de cellules adultes (peau, os, sang, muscle, etc.). Mais elles ne posent pas les mêmes problèmes éthiques que les cellules souches embryonnaires, car elles sont obtenues à partir de cellules adultes différenciées (de peau, par exemple) qu’on « reprogramme » pour les ramener à un stade embryonnaire.
Médecine régénérative
C’est cette technique de reprogrammation grâce à l’adjonction de quatre gènes qui a valu, au début du mois, à Shinya Yamanaka, le prix Nobel de médecine. Cellectis, qui dispose d’une technologie complémentaire (insertion de gènes à façon), avait obtenu, il y a deux ans , une licence pour l’exploitation commerciale de cette invention. Depuis, cette société de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires a développé une collaboration scientifique avec les équipes du chercheur japonais.
« Après avoir vu les paris scientifiques de Cellectis reconnus par le prix Nobel de médecine de cette année, c’est sa capacité à produire des iPS de façon fiable, en quantités importantes qui se trouve validée par le contrat du NIH » , comme le souligne André Choulika, son président.
Les iPS intéressent bien sûr la recherche académique pour l’étude du fonctionnement des gènes, mais aussi les industriels. Ces cellules constituent, d’une part, un outil précieux pour évaluer in vitro le potentiel des molécules pharmaceutiques, d’autre part, elles pourront, à l’avenir, être utilisées en médecine régénérative pour obtenir différents types cellulaires.
Cellectis commercialise depuis mai dernier, les premières cellules hépatiques obtenues à partir d’iPS utilisables pour tester des molécules pharmaceutiques et depuis septembre dernier les premières cellules cardiaques.
Enfin, la transfusion sanguine pourrait être le premier domaine à bénéficier de cellules de remplacement issues des iPS. Dans le cadre du projet RedStem, qui associe notamment l’Établissement français du sang et Cellectis, les premiers globules rouges fonctionnels ont été obtenus à l’échelle expérimentale.

Source : Les Échos

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