Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Israël : Un facteur de croissance qui provoque la mort cellulaire

Et si le Bien véhiculait le Mal pour le faire le Bien ?

Les neurotrophines sont des facteurs de croissance dont l’activité biologique s’exerce préférentiellement sur les cellules neuronales. Ils constituent un groupe de protéines parmi lesquelles nous retrouvons le NGF (Nerve Growth Factor), ayant été identifié par le Professeur Rita Levi-Montalcini (corécipiendaire du prix Nobel de physiologie ou médecine en 1986) ou encore le BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor), neurotrophine la plus abondante dans le cerveau, identifiée par le Professeur Yves-Alain Barde dans les années 80. Ces facteurs sont cruciaux dans la survie des neurones et le maintien des réseaux neuronaux durant le développement.

De nombreux travaux ont pu montrer que les cellules doivent entrer en compétition les unes les autres afin de capter cet apport trophique synthétisé en quantités limitées. Si bien que les cellules incapables d’intégrer ce signal mourront, laissant les « vainqueurs » établir des connexions pertinentes. En ce qui concerne le NGF, sa signalisation normale promeut la survie, mais paradoxalement l’activation de son récepteur peut conduire à la mort cellulaire dans des tumeurs pédiatriques d’origine neuronale. Ce dernier mécanisme est toutefois bénéfique pour l’organisme entier, car permet une régression de la prolifération des cellules cancéreuses.

Les travaux menés par la Dre Barbara Costa, post-doctorante au sein du groupe du Professeur Michael Fainzilber au département de chimie biologique de l’Institut Weizmann (Rehovot, Israël) ont permis d’identifier quels partenaires de TrkA (le récepteur du NGF), dirigent la signalisation vers la mort plutôt que la survie des cellules. Ces précédents travaux au sein du groupe avaient conduit à la description d’une protéine appelée CCM2 dont l’interaction avec le récepteur TrkA est en faveur de la mort cellulaire. Un article récemment publié dans le Journal of Biological Chemistry présente les résultats d’études protéomiques qui ont permis d’identifier entre autres Stk24 et Stk25 comme interacteurs de CCM2.Les travaux ont pu montrer que Stk25 est l’effecteur impliqué dans la voie de mort cellulaire après activation deTrkA et de CCM2. En effet, la déplétion de Stk25 à l’aide d’un ARN interférant permet de réduire la mort cellulaire des cellules tumorales exprimant le récepteur au NGF (TrkA). En revanche, la réduction de Stk24 n’a elle, pas d’effets. Ce travail confirme l’implication d’une voie de signalisation qui est privilégiée par la cellule lorsque sa prolifération est exacerbée. Cette transition dans l’interprétation du signal trophique repose sur l’activation sélective de Stk25 en aval de TrkA et CCM2. Comprendre comment le signal trophique peut être redirigé en faveur de la mort cellulaire pourrait permettre de traiter les tumeurs pédiatriques d’origines neuronales chez les patients.

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