Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Espagne : Des nanoparticules pour tuer sélectivement les cellules vieillissantes

Des chercheurs espagnols de l’Université Polytechnique de Valence, du CSIC et de différents centres CIBER ont mis au point des nanoparticules qui, par leurs fonctionnalités, cible les cellules vieillissantes et délivrent dans celles-ci des traitements causant leur disparition. Sachant que ce sont ces cellules qui sont à l’origine des tumeurs et autres dysfonctionnements des tissus, les chercheurs démontrent ainsi qu’il est possible de mettre au point un traitement préventif pour limiter le développement de ces maladies.

« Quand nous sommes jeunes, les mécanismes de sénescence préviennent, par exemple, l’apparition de tumeurs. Le problème c’est qu’avec l’âge, les cellules vieillissantes s’accumulent dans les organes et les tissus, altérant leur fonctionnement normal. L’élimination des cellules en question ralentirait l’apparition des maladies associées au vieillissement ». Cette déclaration de José Ramón Murguia résume toute la philosophie du travail conduit par les chercheurs. Si l’on peut disposer d’un moyen pour pallier au déficit de l’organisme pour supprimer ces cellules, il est possible de limiter la dégénérescence des tissus et des organes.

La difficulté pour les chercheurs est de pouvoir cibler spécifiquement les cellules vieillissantes afin d’apporter un traitement à celles-ci et pas aux autres, surtout quand il s’agit de les détruire ! C’est là que les développements de ces dernières années dans le domaine des nanotechnologies apportent une solution. Les nanoparticules ont une taille qui leur permet d’entrer dans les cellules et de délivrer extrêmement localement un traitement. L’autre aspect clé est que ces nanoparticules peuvent être aussi fonctionnalisées afin de ne pénétrer que dans des cellules cibles.

Les chercheurs ont ainsi mis au point des nanoparticules mésoporeuses qui contiennent en leur sein les molécules du traitement. Ils ont recouvert la surface de ces particules par un composé qui se dissout en présence d’une enzyme, la β-galactosidase, qui se trouve en quantité élevée dans les cellules vieillissantes. Les nanoparticules pénètrent dans les cellules, mais leur contenu n’est libéré que dans les cellules possédant de forts taux de l’enzyme, c’est-à-dire les cellules ciblées. Elles agissent un peu comme des chevaux de Troie qui ne vont libérer leurs forces de combat que dans les situations où cela est nécessaire.

La validité de ce protocole a pour le moment été démontrée sur des cellules de tissus en culture. La prochaine étape consiste donc à valider la méthode sur des modèles animaux. Cette innovation ouvre sur le long terme des espoirs de traitement ou de prévention pour l’ensemble des maladies liées au vieillissement (cancers, Alzheimer, Parkinson) ou des maladies génétiques de dégénérescence accélérées des cellules. Des applications liées à des aspects cosmétiques – rides par exemple – pourraient aussi être envisagées.

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