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Canada : Des souris mutantes offrent un nouvel aperçu de la régénération cérébrale et des troubles du développement

Des scientifiques de l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa (IRHO) et de l’Université d’Ottawa ont découvert que les souris dépourvues du gène SNF2L ont un cerveau 35 % plus gros que celui des souris normales. L’étude, dirigée par le Dr David Picketts, a fait l’objet d’un article dans la prestigieuse revue Developmental Cell. Elle pourrait mener à l’adoption de nouvelles approches pour stimuler la régénération cérébrale et à d’importantes avancées dans la compréhension des troubles du développement comme l’autisme et le syndrome de Rett.

Le Dr Picketts et son équipe ont créé ces souris pour en apprendre davantage sur le gène SNF2L, qui est connu pour jouer un rôle dans l’encapsidation de l’ADN et la distinction entre les gènes actifs et les gènes inactifs. Ils ont ainsi pu constater que les souris mutantes sont en tout point normales, sauf qu’elles ont un cerveau de taille supérieure, que toutes les zones du cerveau comptent un nombre accru de cellules, et que les cellules souches se divisent activement. « Cette étude constitue une avancée fondamentale qui nous permet de mieux comprendre comment se développe le cerveau, et son incidence pratique est significative », dit le Dr Picketts, chercheur principal de l’IRHO et professeur agrégé de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa. « Si nous trouvons des médicaments qui régulent l’activité du gène SNF2L, nous pourrions un jour les utiliser pour stimuler la croissance des cellules souches neuronales et ainsi activer la régénération cérébrale et la réparation des lésions cérébrales chez les personnes ayant subi un traumatisme crânien ou un accident vasculaire cérébral (AVC). Nous n’en sommes encore qu’au tout début de nos recherches, mais les possibilités sont très prometteuses. »

L’étude des souris mutantes dépourvues du gène SNF2L donne également un aperçu des troubles du développement qui sont associés à une anomalie de la taille du cerveau. Par exemple, le Dr Picketts et son équipe ont découvert que le gène SNF2L contrôle l’expression d’un gène appelé FOXG1, qui est à l’origine de la déficience intellectuelle liée au syndrome de Rett chez certaines personnes. Tandis que les souris mutantes présentent une activité élevée du gène FOXG1 et un gros cerveau, les personnes atteintes du syndrome de Rett sont dépourvues du gène FOXG1 et ont un petit cerveau. L’étude démontre que les gènes SNF2L et FOXG1 se font concurrence pour équilibrer la taille du cerveau. L’autisme est aussi couramment lié aux variations de la taille du cerveau (le tiers des personnes autistes sont dotées d’un plus gros cerveau que la normale), mais aucune étude n’a encore permis d’établir un lien direct entre le gène SNF2L et l’autisme.

« Les liens qui existent entre le gène SNF2L et les anomalies du développement cérébral sont fascinants, explique le Dr Picketts. Nous sommes impatients de clarifier encore davantage tous ces liens et espérons pouvoir mettre en pratique les résultats de nos recherches pour aider les gens atteints de ces troubles. »

www.cell.com/develop…
Source : Rapports d’Ambassade

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