Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Israël : Une collaboration internationale permet de décrire un mécanisme ON/OFF impliqué dans la réponse au stress

La détection d’un danger, d’une situation anxiogène est un mécanisme crucial à la survie et à l’adaptation d’un organisme vivant. Cette stimulation stressante est d’abord véhiculée et transmise par nos organes des sens jusqu’au cerveau. Celui-ci élabore et initie la production d’hormones capables de stimuler la réactivité de l’organisme pour échapper au danger ou en minimiser les effets.

Les résultats rapportés par le groupe du Dr Gil Levkowitz du département de biologie cellulaire et moléculaire de l’Institut Weizmann sont le fruit de collaborations entre différents groupes de recherche de l’Institut Weizmann (Rehovot, Israël), de l’Université Bar-Ilan (Ramat Gan, Israël), de l’Institut de Neurobiologie Alfred Fessard (CNRS, Gif-sur-Yvette, France) et enfin de l’Université de l’Utah (Salt Lake City, USA).

L’étude qui a récemment été publiée dans la très reconnue revue Neuron a permis de décrire un « interrupteur » moléculaire capable d’activer non seulement la synthèse d’une hormone de stress (le cortisol), mais aussi des récepteurs pour cette hormone. Nous savions qu’une protéine, appelée Crh (corticotropin releasing hormone), est fabriquée dans les neurones d’une structure relai très importante. Cette protéine est impliquée dans l’intégration des informations sensorielles et la gestion du métabolisme cérébral (l’hypothalamus) et permet d’induire la production du cortisol. Forts d’expériences élégantes réalisées chez la souris et le poisson-zèbre, les chercheurs impliqués dans cette étude révèlent l’existence d’une protéine appelée Otp qui promeut la synthèse du cortisol, mais aussi de ses récepteurs.

Alors, pourquoi la qualifier d’interrupteur ? Et bien parce que Opt est capable de mettre en place un mécanisme de « copier-coller » qui, en modifiant la séquence codante, permet de générer deux versions d’un même récepteur (PAC1), l’une activatrice (ON) et l’autre inhibitrice (OFF). Un codage similaire aux systèmes électriques domestiques. Si bien qu’une fois le stress passé et les taux de Crh renouvelés, les cellules expriment la version inhibitrice aux dépens de l’excitatrice. Ainsi, un défaut dans la transition ON’OFF de ce récepteur pourrait jouer un rôle lors des stress post-traumatiques ou encore la schizophrénie et la dépression. Des pathologies où l’implication du récepteur PAC1 a été suggérée.

www.cell.com/neuron/…
www.sciencedirect.co…
Source : Rapports du CNRS

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