Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Canada : Premier essai clinique sur la thérapie par cellules souches contre le choc septique

Une équipe de chercheurs de l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa (IRHO) et de l’Université d’Ottawa s’apprête à effectuer le premier essai clinique au monde sur le traitement du choc septique à l’aide de cellules souches. Le choc septique survient lorsqu’une infection se propage dans l’ensemble du corps et surstimule le système immunitaire, infligeant de graves atteintes aux organes et qui, dans 30 à 40 % des cas, mène à la mort. Il est à l’origine de 20 % des admissions aux unités de soins intensifs au Canada et coûte quatre milliards de dollars chaque année. Sous la direction de la Dre Lauralyn McIntyre, l’essai de phase I consiste à administrer le traitement à un maximum de 15 patients atteints de choc septique à Unité de soins intensifs de L’Hôpital d’Ottawa (l’HO).

Le traitement est composé de cellules souches mésenchymateuses (CSM), aussi appelées cellules stromales mésenchymateuses. À l’instar des autres cellules souches, les CSM peuvent donner naissance à une variété de cellules et tissus spécialisés, en plus de contribuer à la réparation et à la régénération des organes lésés. Elles ont en outre l’effet unique de neutraliser la réponse immunitaire et d’accroître l’élimination des organismes infectieux. Les CSM peuvent être extraites de la moelle épinière et des tissus de personnes adultes, ainsi que du sang provenant de cordon ombilical. Peu susceptibles d’être attaquées par le système immunitaire, elles sont donc transplantables d’une personne à une autre sans grand risque d’être rejetées.

De nombreuses recherches sont axées sur le potentiel thérapeutique de ces cellules, principalement contre les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux, les maladies intestinales inflammatoires et la leucémie. On a déjà administré des CSM à des centaines de patients atteints de telles maladies, et les résultats indiquent qu’elles ne poseraient aucun danger et pourraient offrir une forme de traitement efficace. Il s’agit toutefois de traitements en phase expérimentale et Santé Canada n’en reconnaît pas l’utilisation à titre de thérapie approuvée.

Ce n’est qu’au cours des dernières années que des études réalisées sur des animaux évoquent la possibilité d’utiliser les CSM contre le choc septique. Les résultats d’une récente étude [1] dirigée par le Dr Duncan Stewart, PDG et directeur scientifique de l’IRHO et cochercheur dans le cadre du nouvel essai clinique, montrent que ces cellules peuvent tripler le taux de survie de souris atteintes de sepsie. « Le traitement à base de cellules souches mésenchymateuses semble prometteur chez des modèles animaux, mais il faudra encore beaucoup d’années d’études cliniques auprès de centaines de patients avant de pouvoir affirmer qu’il est sécuritaire et efficace », explique la Dre Lauralyn McIntyre, scientifique à l’IRHO, médecin à l’Unité de soins intensifs de L’HO, professeure adjointe à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa et nouvelle chercheuse aux IRSC et à la Société canadienne du sang. « Cet essai n’est qu’une première étape, mais une première étape très prometteuse. »

Comme pour tout essai clinique, le principal objectif de la phase 1 est d’évaluer la sécurité du traitement et de trouver la dose qui donne le meilleur effet possible. Les 15 patients compris dans l’essai recevront le traitement habituel contre le choc septique (liquides, antibiotiques et régulateurs de tension artérielle) en plus d’une injection intraveineuse qui devrait être de 0,3 à 3 millions de CSM par kilogramme de poids corporel. Les CSM en question proviendront de la moelle osseuse de donneurs en santé et seront purifiées au laboratoire de bonnes pratiques de fabrication du Centre de recherche sur les cellules souches Sprott. Les chercheurs prévoient aussi d’observer 24 autres patients en choc septique qui recevront seulement le traitement habituel (donc sans CSM). On surveillera de près les effets secondaires éprouvés par tous les patients, qui devront subir des prises de sang à intervalles précis afin d’examiner les cellules et leur activité. L’essai sera ni aléatoire ni effectué à l’insu des participants, dont le nombre ne suffira pas pour déterminer avec fiabilité si le traitement est efficace. Il sera réalisé sous la supervision et sur approbation préalable de Santé Canada et du Conseil d’éthique en recherches de L’Hôpital d’Ottawa.

[1] : www.irho.ca/newsroom…
www.irho.ca/newsroom…
Source : Rapports du CNRS

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