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Japon : Découvertes sur la réplication virale de la grippe et sur la contribution de la cellule hôte

Un groupe de chercheurs mené par le professeur Yoshihiro KAWAOKA de l’Université du Tohoku a réalisé d’importantes découvertes sur le mécanisme de bourgeonnement viral facilité par certaines molécules de la cellule hôte.

Les influenzavirus sont des virus membres de la famille des Orthomyxoviridae. Disposant d’un matériel génétique composé d’ARN, ils présentent à la surface de leur enveloppe deux types de protéines nommées hémagglutinine (H) et neuraminidase (N) permettant notamment la fixation et la libération du virus au sein de la cellule cible. Une fois à l’intérieur de son hôte le virus détourne la machinerie cellulaire dans le but de produire les éléments nécessaires à sa réplication. Parmi ces éléments, on retrouve des protéines fonctionnelles comme la protéine NS2 dont le rôle principal est d’aider le virus à se répliquer et à sortir de la cellule. Au cours de la dernière étape du cycle viral, les éléments viraux sont assemblés pour former des virions qui sont expulsés par le bourgeonnement d’un microdomaine de la membrane plasmique. L’exocytose se produit notamment par l’interaction des protéines M1 du radeau lipidique avec les hémagglutinines et les neuraminidases virales. Malgré de nombreuses expériences réalisées sur les influenzavirus, peu de détails sont connus sur les molécules fonctionnelles et les interactions moléculaires nécessaires au bourgeonnement du virus.

Les scientifiques de l’Université du Tohoku se sont intéressés aux molécules de la cellule hôte qui interagissent avec la protéine non structurelle NS2. Afin d’identifier et d’analyser ces complexes protéiques, une immunoprécipitation ainsi qu’une spectrométrie de masse ont été réalisées. D’après les résultats des calculs de probabilité obtenus par l’algorithme d’identification MOWSE (MOlecular Weight SEarch), la F1Fo-ATPase réagirait fortement avec NS2. Composée de deux sous-unités α et β, l’enzyme F1Fo-ATPase fait partie des ATPases membranaires liées au métabolisme énergétique. Elles sont particulièrement nombreuses au niveau des mitochondries.

Dans la seconde étape de leur étude, les chercheurs ont appliqué des méthodes de génétique cellulaire afin de limiter la quantité d’une des deux sous unités (β) composant la F1Fo-ATPase. Après exposition au virus de ces cellules modifiées, la réplication du parasite intracellulaire a significativement ralenti et la quantité de virions produite a diminué de façon importante. D’après les chercheurs, la sous-unité β de la F1Fo-ATPase contenue dans la membrane plasmique et non celle de la membrane mitochondriale, constituerait un facteur décisif dans le processus de réplication virale.

Ce mécanisme étant commun à tous les types de virus grippaux, les spécialistes espèrent tirer partie de cette découverte pour développer de nouveaux types de traitement. Les résultats exhaustifs de cette expérience ont été publiés dans la revue spécialisée Proceedings of the National Academy of Sciences datée du 5 mars.

www.pnas.org/content…
Source : Rapports d’Ambassade

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