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France : Des chercheurs découvrent la pièce manquante du puzzle de l’autisme

Les troubles du spectre autistique (TSA) possèdent un modèle héréditaire complexe. Malgré que les chercheurs aient identifié de rares variantes dans les protéines synaptiques chez les patients atteints de TSA, très peu de travaux ont été menés pour déterminer l’effet au niveau des synapses et leurs interactions avec d’autres variations génétiques. Une équipe européenne de chercheurs a confirmé que les mutations synaptiques renforcent le risque de TSA. L’étude, présentée dans la revue PLoS Genetics, a partiellement été financée par le projet EUHFAUTISM (« European high-functioning autism network: translational research in a phenotypically well characterised sample »), un Neuron-ERA-NET financé à hauteur de 370 000 euros au titre du septième programme-cadre (7e PC). 

Des chercheurs menés par l’Institut Pasteur en France ont associé des approches neurobiologiques et génétiques pour déterminer l’augmentation du risque de TSA. Ils ont également pu déterminer comment les gènes modificateurs influencent ces troubles. 

Les TSA constituent un groupe hétérogène de troubles neurodéveloppementaux avec un schéma héréditaire complexe caractérisé par des troubles d’interaction sociale et de communication. Le comportement répétitif restreint fortement les personnes atteintes. 

Les TSA apparaissent avant l’âge de trois ans et touchent près de 1 % des enfants. Les garçons sont généralement plus touchés que les filles. Un nombre de gènes impliqués dans les TSA ont été identifiés chez les patients malades. Toutefois, les chercheurs ont pu élargir leurs connaissances sur leurs effets sur les fonctions neuronales et leur interaction avec d’autres variations génétiques. 

« Les causes génétiques des TSA sont diverses, mais la catégorie principale de gènes associés à ce trouble est apparentée au développement et à la fonction des circuits neuronaux. Des mutations de gènes codant pour les molécules d’adhésion aux cellules synaptiques et pour les protéines d’échafaudage, telles que les neuroligines (NLGN), les neurexines (NRXN) et les protéines SHANK, ont été détectées chez les patients atteints de TSA. Ces protéines jouent un rôle important dans la formation et la stabilisation des synapses, ainsi que dans l’homéostasie synaptique. 

Les protéines SHANK2 et SHANK3 codent pour des protéines d’échafaudage situées dans la densité postsynaptique (PSD) des synapses glutamatergiques. Les suppressions de ProSAP2/SHANK3 au niveau du chromosome 22q13 sont les principales anomalies génétiques des troubles neurodéveloppementaux, et les mutations de ProSAP2/SHANK3 ont été identifiées chez les patients atteints de TSA, de déficience intellectuelle (DI) et de schizophrénie. Les mutations de ProSAP1/SHANK2 ont été décrites dans des cas de TSA et de DI. La différence au niveau des porteurs de mutations dans les résultats cliniques a été attribuée à la présence de facteurs additionnels, génétiques épigénétiques et/ou environnementaux pas encore identifiés. » 

Le professeur Thomas Bourgeon, de l’Institut Pasteur, explique que l’ensemble des résultats souligne l’importance cruciale des gènes synaptiques dans les troubles du spectre autistique et qu’ils « pointent vers l’existence de gènes modificateurs qui pourraient moduler les symptômes que nous regroupons sous le nom de TSA. Une meilleure compréhension de ces interactions génétiques serait nécessaire pour comprendre avec plus de précision le schéma complexe héréditaire des TSA. » 

Des experts du Canada, de Finlande, de France, d’Allemagne, d’Italie, des Pays-Bas, du Portugal, de Suède et du Royaume-Uni ont également apporté leurs contributions à cette étude. 


www.plosgenetics.org…
Source : Cordis News

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