Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Autriche : Comment les cellules souches qui ne se différencient pas normalement meurent

Une équipe de généticiens de l’Université de Médecine de Vienne a éclairci le rôle de deux gènes qui sont impliqués de façon primordiale dans le développement et la différenciation des cellules souches : en cas de problème au cours la spécialisation, la non-expression de ces gènes conduit à la mort de ces cellules défectueuses.

Les cellules souches du liquide amniotique

Différents mécanismes de contrôle provoquent une mort programmée si les cellules souches n’évoluent pas normalement au cours du développement embryonnaire. Le rôle de deux gènes cruciaux dans la transformation des cellules souches, TSC et PRAS40, a désormais été clarifié.

L’équipe viennoise de l’Institut de Génétique Humaine à l’origine de cette avancée avait déjà découvert en 2003 la présence de cellules souches dans le liquide amniotique humain. Or ces cellules-là possèdent un potentiel de développement élevé et d’excellentes capacités de reproduction en laboratoire, ce qui représente un avantage clair par rapport aux cellules souches adultes. De plus, elles ne se transforment pas en cellules tumorales et ne nécessitent pas la destruction d’un embryon humain (ce qui est par ailleurs interdit en Autriche) : ce sont les avantages de ce type de cellules souches par rapport aux cellules souches embryonnaires. Elles ne montrent de plus aucune caractéristique de différenciation et présentent moins de risques de mutations par rapport aux cellules souches iPS (cellules déjà différenciées que l’on fait artificiellement régresser). Or l’année dernière, les chercheurs de cette équipe ont mis au point une méthode efficace permettant d’empêcher l’expression de gènes dans ces cellules : cela autorise l’identification, de façon relativement aisée, de leurs fonctions.

Apoptose génétiquement contrôlée :
En utilisant cette méthode, les chercheurs ont constaté que deux gènes, TSC et PRAS40, sont des régulateurs extrêmement importants du potentiel de développement des cellules souches : si l’on empêche l’expression de ces gènes, le développement de la cellule souche s’arrête et elle meurt par apoptose (« suicide » cellulaire programmé). Le corps humain se trouve dans un état d’équilibre entre la mort des tissus (dégradation cellulaire) et leur régénération (à partir de cellules souches). Ainsi les cellules gastriques humaines vivent environ deux jours, contre deux à quatre semaines pour une cellule de la peau ou 120 jours pour un globule rouge. Or si cette phase de régénération se passe mal en raison du mauvais développement des cellules souches, ces dernières doivent mourir par apoptose. Le résultat obtenu par les chercheurs montre donc le rôle critique de ces deux gènes dans ce processus.

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