Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Transfert industriel et clinique en oncologie : le Cancéropôle CLARA soutient 5 nouveaux projets à hauteur de 4M€

Le Cancéropôle Lyon Auvergne Rhône-Alpes, CLARA, a sélectionné 5 projets innovants dans le cadre de l’appel à projets « Preuve du concept » qu’il avait lancé en mars 2011. Ils concernent les évaluations cliniques d’un vaccin thérapeutique anti-mélanome et d’un dispositif d’aide à la chirurgie du cancer du foie par fluorescence, ainsi que les évaluations précliniques d’un dispositif automatique d’anastomose urétro-vésicale dans le cancer de la prostate, d’un dispositif de résection des cancers colorectaux superficiels par jet d’eau pulsée, et d’un anticorps thérapeutique dans le cancer colorectal. Ces 5 projets représentent un financement global de 4 M€ et bénéficient de l’accompagnement du CLARA. Porté par le Cancéropôle CLARA depuis 6 ans, le dispositif de transfert industriel et clinique de la Recherche en oncologie,« Preuve du Concept », affiche un dynamisme sans faille. Il représente aujourd’hui un portefeuille global de 30 projets de Preuve du Concept financés à hauteur de 36 M€.

Cinq nouveaux partenariats industriels, un budget de près de 4 M€
Parmi les 18 soumissions reçues, dans le cadre de l’appel à projets « Preuve du concept » lancé en 2011, le Cancéropôle CLARA a sélectionné 5 projets prometteurs :

Un projet sur le Cancer de la prostate :
UroClip : système automatique d’anastomose urétro-vésicale.
Le projet UroClip porte sur la création d’un dispositif médical innovant de suture chirurgicale pour l’opération du cancer de la prostate (France : 24.000 opérations/an, US : 190.000/an). Lors de son ablation, certaines opérations de suture nécessitent une technologie plus adaptée que celle des actuelles agrafeuses du marché. UroClip est à usage unique et s’utilise indifféremment dans les chirurgies cœlioscopique et voie ouverte. Il est également adaptable à la chirurgie robotisée. Son utilisation améliore grandement les conditions opératoires et post-opératoires. Le système UroClip est breveté depuis septembre 2010. Ce projet, dont le porteur est Arnold Ferlin, affiche une équipe avec des compétences solides en affaires règlementaires, medtech, communication, marketing et ventes, et bénéficie d’un partenariat avec le laboratoire de recherche de l’école VetAgro-Sup. Avec le soutien de l’incubateur Créalys, le projet aboutira sur la création de l’entreprise Anastom-Tech, qui commercialisera dans un premier temps l’UroClip, puis développera une gamme de produits visant d’autres opérations chirurgicales.
Partenaires : Anastom-Tech, VetAgro-Sup et l’incubateur Créalys.

Un projet sur le mélanome :
GeniusVac-Mel4 : une nouvelle stratégie d’immunothérapie
Le mélanome constitue un problème de santé publique majeur en raison de l’augmentation régulière de son incidence et de son très mauvais pronostic dès lors que la maladie n’est plus localisée. L’arsenal thérapeutique à un stade avancé de la maladie reste limité et inefficace. Le projet GeniusVac-Mel4 cible le développement d’une immunothérapie innovante basée sur une lignée allogénique de cellules dendritiques plasmacytoides (PDC), pour traiter des patients atteints de mélanome. L’approche GeniusVac-Mel4 consiste à « pulser » la lignée cellulaire, développée au sein du laboratoire dirigé par le porteur du projet Joël Plumas, avec 4 peptides du mélanome (MelanA, Gp100, Tyr et Mage-3), afin de cibler cette indication. Les peptides étant modulables, il est alors tout à fait possible de cibler d’autres indications, ce qui fait toute l’originalité de l’approche. La preuve de concept pré-clinique de l’efficacité de cette approche vaccinale dans le modèle du mélanome a été publiée en 2010, et brevetée par l’Etablissement Français du Sang. Le projet a alors pour objectifs l’optimisation du produit vaccinal initialement développé, la production de GeniusVac-Mel4 en conditions thérapeutiques, et un essai clinique de phase I/II d’immunothérapie chez des patients atteints de mélanome métastatique avec GeniusVac-Mel4. Ce projet bénéficie à la fois des compétences médicales et scientifiques de l’Etablissement Français du Sang, du Centre Hospitalo-universitaire de Grenoble (Service de dermatologie et Centre d’Investigation Clinique) ainsi que de l’Unité mixte de Recherche Immunologie et Immunothérapie des cancers UJF-INSERM-EFS.
Partenaires : L’Etablissement Français du Sang, le CHU-Grenoble et l’Unité UJF-INSERM « immunologie et immunothérapie des cancers ».

Un projet portant sur les cancers primitifs du foie et les métastases hépatiques :
HepatoFluo, évaluation du vert d’Indocyanine comme agent fluorescent dans la chirurgie hépatique guidée par l’image.
La prise en charge curative des métastases hépatiques et des cancers primitifs du foie nécessite la réalisation d’une résection hépatique. Malgré les techniques d’imagerie actuelles la structure même du foie ne permet pas d’identifier simplement les segments du foie; les éléments vasculaires sont également souvent découverts au fur et à mesure de la section parenchymateuse. L’imagerie par fluorescence apparait aujourd’hui comme une aide potentielle en chirurgie hépatique. De plus, la plupart des dispositifs médicaux disponibles sur le marché nécessitent de travailler avec l’éclairage opératoire éteint. L’objectif du projet HepatoFluo coordonné par le Dr Patrice Peyrat est d’évaluer la faisabilité et l’efficacité de l’imagerie à fluorescence grâce à la technologie Fluobeam™ compatible avec l’éclairage opératoire, développée par la société Fluoptics. Pour cela, le couple vert d’Indocyanine- Fluobeam™ sera dans un premier temps validé par une étude préclinique menée sur le plateau de l’Institut de Chirurgie Expérimentale du Centre Léon Bérard, puis conduit vers une étude clinique de phase I/II, menée chez des patients opérés d’un cancer du foie. L’utilisation du vert d’Indocyanine ainsi que du matériel Fluobeam™ permettront d’évaluer la capacité du couple à marquer les lésions hépatiques, ainsi que de guider le geste chirurgical.
Partenaires : Le Centre Léon Bérard et la société Fluoptics.

Deux projets dans le traitement des cancers colorectaux :
Enki-HEHvaluation d’une nouvelle technique endoscopique de résection des cancers colorectaux superficiels.
Le cancer-colorectal, second cancer en terme d’incidence, est aujourd’hui traité par la Dissection de la Sous Muqueuse endoscopique (DSM), qui consiste à enlever en une seule pièce la tumeur, avec une marge de tissu sain latéralement, et en profondeur. Cependant, l’acte chirurgical est long et expose à des risques de perforation par lésion de la couche profonde musculaire pouvant atteindre 10% et imposant souvent une chirurgie en urgence. La société NESTIS a développé une technologie innovante de jet d’eau à haute pression, dont l’emploi lors de la DSM permettrait de bien séparer la muqueuse de la couche musculaire, de faciliter la dissection par le bistouri électrique en isolant les attaches fibreuses à sectionner et d’éviter les lésions de la couche musculaire. Le projet Enki-HEH coordonné par le Pr Thierry Ponchon vise à valider cette technologie chez l’animal, afin de confirmer les bénéfices de la dissection assistée par le jet d’eau pulsée, ainsi que tester les paramètres concernant le jet d’eau, mais également le cathéter destiné au passage de l’eau. Ce projet donnera par la suite lieu à une étude clinique encadrée, afin de valider l’efficacité de la technique auprès de patients.
Partenaires : La société NESTIS et les Services d’hépatogastroentérologie et d’endoscopie digestive de l’Hôpital Edouard Herriot (Hospices Civils de Lyon).
Théra8 : Ciblage de la cytokeratine 8 de surface pour le développement d’anticorps thérapeutiques.
Les cancers colorectaux représentent plus de 9 % de l’ensemble des cancers et la survie à 5 ans est de 50%. La dissémination métastatique fréquente est responsable de la plupart des décès. Le développement d’agents anti-métastases est devenu une priorité. Il a été récemment démontré, par le Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon que les cellules de cancer du côlon sont caractérisées par la présence inhabituelle à leur surface d’une protéine du cytosquelette, la cytokératine 8 (CK8). Cette protéine est habituellement intracellulaire et sa localisation extracellulaire est largement associée au processus de cancérisation et d’invasion cellulaire. Sa neutralisation par un anticorps monoclonal (Ac Mo) freine la capacité invasive des cellules cancéreuses in vitro et limite la croissance tumorale in vivo. Le projet THERA 8 coordonné par Jean-Jacques Diaz a pour objectifs de développer des Ac Mo humanisés anti CK8 à finalité thérapeutique et d’établir la preuve du concept in vitro et in vivo quant à leur potentiel d’inhiber la croissance tumorale et/ou le processus invasif des cellules cancéreuses colorectales. Le projet réunit les compétences scientifiques et le savoir faire en développement de candidats bio médicaments du Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon (partenaire académique, Dr Jean-Jacques Diaz) et de la société iDD Biotech (partenaire industriel, Dr Claudine Vermot-Desroches).
Partenaires : Le Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon et IDD Biotech.

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