Une lettre d’informations d’Act In Biotech

États-Unis : Un suppresseur de tumeurs intestinales qui pourrait aussi lutter contre l’obésité ?

Les récepteurs hormonaux guanylyl cyclase C (GCC) ont été établi comme un suppresseur de tumeurs du cancer colorectal, mais de nouveaux résultats de l’Université Thomas Jefferson en Pennsylvanie suggèrent qu’ils puissent aussi aider à combattre l’une des plus grandes pandémies aux Etats-Unis: l’obésité.

Le Dr. Scott Waldman, à la tête du département de pharmacologie et de thérapie expérimentale à Jefferson et ses collègues ont découvert qu’en supprimant le récepteur GCC, l’appétit des souris augmentait fortement induisant une forte prise de poids. Inversement, les souris qui exprimaient le récepteur de l’hormone uroguanyline n’avaient pas de problèmes de poids et avaient la capacité de ressentir la sensation de satiété contrairement aux précédentes.

Le nombre de personnes obèses et souffrant d’un ou plusieurs problèmes de santé associés (diabète de type 2) est en hausse spectaculaire aux Etats-Unis, où les CDC (Centers for Disease Control and Prevention) considèrent que c’est une bataille pouvant être gagnée (« winnable battle »). L’identification de nouvelles cibles thérapeutiques pourrait limiter l’appétit et donc aider à réduire le taux d’obésité.

Jusqu’à présent, le rôle de GCC en dehors de l’intestin était inconnu. S. Waldman et son équipe ont déjà montré son rôle dans la suppression de tumeurs intestinales, mais un rôle de contrôle de l’appétit est un terrain surprenant. Tout a commencé quand l’équipe travaillait avec des souris déficientes en GCC pour examiner son rôle dans la tumorigenèse dans l’intestin. Puis quand les souris ont grandi, S. Waldman a remarqué qu’elles grossissaient anormalement. Il déclare que « Nous ne comprenions pas ce qu’il se passait, parce qu’aucune preuve indiquait que le récepteur GCC régulait toute fonction liée au métabolisme et à l’absorption des nutriments. »
Puis, afin de mener des études approfondies, S. Waldman a élevé deux souris génétiquement différentes : l’une ayant le récepteur GCC, l’autre non. Ils ont par la suite suivi leur poids, leurs réponses à la satiété, le taux de triglycérides hépatiques et sériques, l’expression des récepteurs hormonaux et leur activité physique. Ils ont, par la suite, découvert que lors de la digestion, l’intestin libère l’hormone prouroguanyline dans le système sanguin, celle-ci se fixe alors sur les récepteurs GCC situés dans l’hypothalamus pour être transformée en uroguanyline. L’hormone uroguanyline déclenche une cascade d’événements qui conduisent à la sensation de satiété. Il est apparu que les souris avec le récepteur GCC ont su quand s’arrêter de manger, contrairement aux souris déficientes en récepteurs hormonaux qui n’ont jamais reçu le message disant que leurs estomacs étaient pleins et qui sont donc devenues obèses.

S. Waldman déclare « Par la suite, les souris étaient diabétiques et ont commencé à développer des syndromes métaboliques. Nous avons pris soin de s’assurer que cette prise de poids était seulement due à l’absence du récepteur GCC: la fonction gastro-entérologie était normale. De plus, ces souris n’étaient pas plus sédentaires que les souris non modifiées ayant un métabolisme normal. Les conclusions ont donc montré que cette prise de poids était uniquement due à un appétit différent. »

Cette expérience révèle une relation hormonale entre l’intestin et l’hypothalamus, de plus amples recherches pourraient fournir de nouvelles cibles thérapeutiques pour contrôler l’appétit, ainsi que l’obésité et tous syndromes métaboliques. Les recherches proposent de nouvelles perspectives d’étude : quelle est la relation entre le système nerveux et le système digestif? Mais quelques questions subsistent néanmoins: est-ce les personnes obèses possèdent un taux faible voir nul de récepteur GCC? Si c’est le cas, signifie-t-il que ces personnes ont une prédisposition génétique à prendre du poids?

S. Waldman pense que « Ceci est tout à fait envisageable, même si rien n’est certain. Il se pourrait que les personnes obèses n’aient pas ce récepteur ou qu’ils ne libèrent pas assez d’hormones pour déclencher ce récepteur. L’obésité pourrait être biologique et non comportementale »?

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Source: Rapports d’Ambassade

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