Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Connaître son profil d’entrepreneur pour augmenter ses chances de réussite !

CV : Daniel Bellahsen accompagne et conseille des créateurs, repreneurs et entrepreneurs depuis 25 ans. Il forme les consultants et conseillers de nombreuses structures et réseaux d’appui à la création d’entreprise.

Epigo, le cabinet qu’il a fondé en 1987, a accompagné plus de 25 000 projets à tous les stades et dans tous les domaines.
Il est co-auteur de « Votre profil d’entrepreneur », un ouvrage d’auto-coaching , dont l’ambition est d’aider les porteurs de projet à devenir les entrepreneurs cachés au fond d’eux… qui ne demandent qu’à réussir !

Interview :Quelles sont les premières questions à se poser lorsque l’on a un projet de création d’entreprise ?
Pour moi, les premières questions que doit se poser un créateur sont les suivantes : pourquoi ai-je envie de créer cette entreprise ? Qu’est-ce qui m’intéresse vraiment dans ce projet ? Qu’est-ce que j’aime faire ? Qu’est-ce que je voudrais faire dans cette entreprise ?
C’est important car les réponses à ces questions vont permettre au porteur de projet de définir son profil d’entrepreneur et de construire sa réflexion et son projet en fonction de ce profil.

Existe-t-il un « bon profil » d’entrepreneur ?
Non, il n’existe pas de « bon profil » », mais différents profils pour entreprendre. Et heureusement, car nous sommes tous des entrepreneurs en puissance. La vie professionnelle est ainsi faite aujourd’hui que chacun peut à un moment se poser la question de devenir entrepreneur.
Cependant, nous ne sommes pas identiques face à un projet. Il y a des manières très différentes de le considérer puis de le construire. Chaque entrepreneur a sa propre manière d’aborder l’activité de son entreprise : il y a les questions que l’on traite facilement, vite et bien, et puis il y a les aspects que l’on a tendance à oublier, voire à négliger… parce qu’on les considère comme moins importants.
C’est pourquoi, nous conseillons aux porteurs de projets de commencer par découvrir leur profil, leur manière à eux de devenir entrepreneur, et d’identifier ainsi leurs points forts et leurs faiblesses.

Pouvez-vous nous en dire plus sur ces profils ? Comment les avez-vous définis ?
Nous sommes partis des 3 fonctions classiques essentielles de l’entreprise, “Produire” – “Gérer” – “Vendre”, auxquelles nous avons ajouté “Imaginer”, indispensable pour penser la stratégie et trouver des solutions au quotidien, et “Animer”, la dimension humaine du projet, incontournable pour réussir.
Ces 5 fonctions représentent aussi 5 manières différentes d’aborder les problématiques d’une entreprise et donc de préparer son projet de création. Un créateur centré sur son produit ou service, n’aura pas, par exemple, la même façon de raisonner que celui qui est axé sur le commercial ou sur la gestion. L’organisateur “hors pair” n’a pas les mêmes façons de penser l’avenir que celui, en profil “Imaginer”, qui se passionne pour la stratégie de son affaire…

Que doit faire le créateur fortement axé sur un profil ?
Il doit comprendre en quoi son profil est intéressant et utile pour l’entreprise, et s’appuyer sur ses atouts pour préparer son projet et le développer. Mais il est important qu’il comprenne que ce n’est pas la seule façon de procéder. D’autres entrepreneurs ayant un projet similaire le développeront à partir d’un autre point de vision, qui peut être la gestion, la vente, etc. Et il a besoin de comprendre, concrètement, comment il pourra border ces dimensions.

C’est l’objectif de votre ouvrage intitulé « Votre profil d’entrepreneur » ?
Oui, notre objectif est de permettre au créateur d’identifier toutes les facettes de son profil et d’exciter sa curiosité pour qu’il comprenne comment un autre profil démarrerait ou gérerait le projet. C’est très instructif et ça l’aide à avancer de façon intuitive.
Cette méthode, nous la pratiquons en consulting depuis de nombreuses années. Nous trouvons intéressant de demander au porteur de projet de préparer la séance suivante comme le ferait un autre profil. Ça le décale et lui donne de l’appétit pour d’autres fonctions, appétit qu’il n’aurait pas forcément eu si on lui avait demandé de faire un stage de gestion ou de vente sans en comprendre réellement la nécessité.
Et puis cela lui permet de déterminer, le cas échéant, avec quels profils il pourrait s’associer pour donner à son entreprise les meilleures chances de réussite.
Vous dites que l’entrepreneur est lui-même son premier outil de travail. Qu’entendez-vous par cela ?
Cette phrase signifie tout d’abord qu’il faut savoir s’utiliser soi-même de manière efficace, connaître ses forces et ses talents et les déployer largement. Mais il faut également ne pas ignorer ses manques ou faiblesses éventuelles en y trouvant des parades efficaces.
Ensuite, il faut savoir s’affûter, évoluer, s’adapter à des situations changeantes. Et pour cela, la première des choses est de se connaître et de bien évaluer la manière dont on aborde son projet, son entreprise, son avenir… J’insiste beaucoup sur ce point, mais c’est, pour moi, la clé de la réussite !

À la base de tout projet, il y a une motivation. Y-a-t’il des bonnes et des mauvaises motivations ?
Non, je ne le pense pas. Ce qui est important, c’est qu’il y en ait ! De nombreuses études ont été menées sur le sujet et il en ressort que le désir d’autonomie, d’indépendance, la recherche du pouvoir ou d’une certaine position sociale sont souvent évoqués parmi les motivations des créateurs.
Tout cela est bien, mais ce n’est peut-être pas suffisant pour développer une entreprise. Je pense que la première motivation, c’est d’aller chercher ce que l’on souhaite faire réellement et au quotidien dans cette entreprise.
Par exemple, en ce qui me concerne, je ne peux concevoir de ne plus animer de séances de formation. C’est un besoin pour moi. Pourtant mon entreprise tourne avec plusieurs consultants et je pourrais très bien la diriger à la façon « Gérer », en restant derrière mon ordinateur et en suivant des courbes. Si je n’animais plus de formations, je pense que je m’ennuierais, que ma motivation diminuerait et donc que ma société se porterait moins bien.

De nombreux salariés, encouragés par diverses mesures, sont aujourd’hui tentés par la création d’entreprise. Est-il difficile de passer du stade de salarié à celui d’entrepreneur ?
Oui, je pense que c’est difficile. Il ne faut pas se voiler la face ! Difficile, car dans sa nouvelle vie d’entrepreneur, l’ancien salarié n’aura pas forcément les bons réflexes. Ce qui était opérant dans un contexte de salarié ne le sera plus dans celui de l’entrepreneuriat. Cela, le créateur le découvre progressivement, avec parfois des interrogations, des angoisses, du stress… mais aussi souvent beaucoup de bonheur ! Et puis, il y a « l’énormité de décider ». Lorsque l’on a la destinée d’une entreprise entre ses mains et que l’on doit faire face à des situations nouvelles que l’on n’a pas appris à gérer en tant que salarié, prendre seul une décision importante devient une source de stress considérable.
C’est pourquoi, le fait d’avancer dans son projet petit à petit, au travers de son profil, et découvrir « comment je suis entrepreneur », est un bon début pour passer du stade de salarié à celui de chef d’entreprise.

Le régime de l’auto-entrepreneur, mis en place en 2009, a-t-il changé la façon de conduire un projet de création d’entreprise ?
Curieusement, ce régime est en train de donner un coup de balai sur les méthodes d’accompagnement qui ont eu cours pendant les 25 dernières années.
Il démontre qu’il n’y a pas « un » profil d’entrepreneur mais plusieurs profils. Et je m’inscris tout à fait dans ce mouvement en disant qu’effectivement un auto-entrepreneur peut créer uniquement sur la base de ce qu’il sait produire.
Si vous prenez l’exemple d’une personne ayant l’opportunité de faire des prestations de traduction, ce régime répondra totalement à son attente. Pourquoi irait-il suivre un cursus identique à celui qui voudrait monter une entreprise d’import-export ou une entreprise nécessitant de réunir des capitaux importants ? Ce régime lui permet de se rassurer sur sa capacité à vendre et réaliser ses prestations, de consolider ses points forts et de décider ensuite de développer ou non son activité. Il va ainsi « apprendre en faisant » et surtout « apprendre au moment où il a besoin ».
Si l’on reprend l’exemple de notre traducteur (profil « produire »), il va peut-être développer son entreprise, avoir besoin d’associer d’autres personnes à son activité et travailler le côté « Animer » de son profil. Il le fera d’autant mieux qu’il en aura compris la raison. C’est ça, à mon sens, ce que le régime de l’auto-entrepreneur a bouleversé !

Source: Propos recueillis en juin 2011 par Laurence Piganeau – www.epigo.fr

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