Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Ipsogen s’envole de 61 % après l’OPA annoncée par Qiagen

La société néerlandaise a accepté de payer une prime de plus de 70% pour emporter l’accord des actionnaires historiques et du marché.
C’est la fin de la vie indépendante pour Ipsogen. Le fabricant marseillais de tests de diagnostic moléculaire a annoncé hier être entré en négociation exclusive avec le premier fournisseur mondial de technologies d’analyse, Qiagen. Cette société néerlandaise cotée au Nasdaq prévoit de prendre 100 % du capital. Un conseil d’administration se réunira dans quelques jours pour donner son accord sur la cession des 47 % d’actions détenues par les investisseurs historiques et le management au prix de 12,90 euros par action. Le néerlandais lancera ensuite une offre publique dans les mêmes conditions sur le solde coté à Paris et New York. Une bonne affaire pour les investisseurs : l’opération valorise la société à près de 70 millions d’euros, soit 72,5 % de mieux que son cours.
« Ce rapprochement offre de multiples complémentarités », explique Vincent Fert, directeur général d’Ipsogen qu’il a cocréé en 1999. Sa première gamme de produits, conçue en 2003 avec une vingtaine de centres experts en Europe, s’intéresse au dépistage des différentes formes de leucémie, dont il existe 38 types moléculaires. L’entreprise propose à plus de 400 clients dans le monde un éventail de 80 tests sur ce marché de niche qui représente aujourd’hui la totalité de son chiffre d’affaires : 8,4 millions d’euros pour 14.000 kits écoulés en 2010, un chiffre en progression de 24 %.
En réinvestissant plus de 40 % de son activité dans la recherche, l’entreprise a aussi mis au point un nouveau kit pour le cancer du sein qu’elle commercialisera d’ici à la fin de l’année. Dans 27 % des cas diagnostiqués avec les outils actuels, la prescription d’une chimiothérapie coûteuse et traumatisante pourrait être évitée, défend Ipsogen, qui mise sur le potentiel d’économies pour les systèmes de santé (autour de 20.000 euros par patiente, frais d’hospitalisation et traitement des effets secondaires compris) pour imposer sa technologie. La société commencera par le commercialiser en France, où elle espère écouler 125.000 unités par an.
Son mariage avec Qiagen pourrait accélérer son introduction sur d’autres marchés. Le néerlandais réalise environ la moitié de son chiffre d’affaires (1,1 milliard de dollars) dans le diagnostic moléculaire appliqué aux tumeurs solides, principalement le cancer du côlon, complémentaire de l’activité d’Ipsogen. « Compte tenu de ses moyens, Ipsogen a dû être sélectif. L’offre de Qiagen lui ouvre des perspectives de développement dans de nouvelles pathologies », indique Laurent Buiatti, de Rothschild, conseil de Qiagen.
Très bien implanté en Europe et aux États-Unis (où Ipsogen possède une filiale), Qiagen dispose surtout d’une puissance de feu dans les économies émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine) plus difficiles à pénétrer pour la start-up. Il emploie près de 3.600 personnes (70 pour Ipsogen), sur 30 sites dans le monde. Il offrira aussi un complément technique en transférant les tests du marseillais, réalisés manuellement, sur ses automates, avec à la clef un gain de productivité pour les laboratoires. Qiagen entend valoriser le potentiel de recherche du français. Le site marseillais pourrait devenir son centre d’excellence global pour les deux pathologies traitées et pourrait recevoir la fabrication de tests complémentaires.

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