Une lettre d’informations d’Act In Biotech

États-Unis : Relier les points pour comprendre la sclérose en plaques

Les chercheurs de UCI viennent de faire un grand pas en direction de la résolution de ce problème. En étudiant des échantillons de sang prélevés chez 13.000 personnes, ils ont réussi à mettre en évidence l’interaction entre certains facteurs environnementaux ou métaboliques et quatre gènes : IL-7RA, IL-2RA, MGAT1 et CTLA-4. Cette interaction a un impact sur le mécanisme d’ajout de molécules de sucre sur certaines protéines au niveau de l’appareil de Golgi (N-glycosylation). Ces protéines ont été identifiées précédemment comme étant à l’origine de maladies analogues à la sclérose en plaques lorsque ce phénomène est modifié. En effet, la grande majorité des protéines présentes à la surface des cellules dans l’organisme sont « décorées » par des molécules de sucre complexes, de taille et de composition variable. Ces molécules sont à l’origine de la capacité des cellules immunitaires à faire la différence entre « soi » (les cellules et molécules appartenant à l’organisme) et « non-soi » (les cellules, molécules, bactéries ou virus extérieurs, devant être éliminés). Modifier la N-glycosylation des protéines de surface peut donc perturber cette distinction et amener à l’apparition de maladies auto-immunes, telles que la sclérose en plaques.

Les chercheurs avaient déjà identifié la N-acetylglucosamine (GlcNAc), un supplément alimentaire proche de la glucosamine (un sucre simple), comme une molécule permettant de restaurer le mécanisme correct de N-glycosylation sur les protéines en question. Plus récemment, ils ont montré que la vitamine D3 (majoritairement synthétisée lors de l’exposition de la peau au soleil) avait également un effet protecteur contre la sclérose en plaque. La vitamine D3 rétablit en effet en partie le processus et inhibe ainsi l’activation erronée des lymphocytes T. Par conséquent, l’action de la vitamine D3 permet la protection de la gaine de myéline. Un traitement combiné à base de Glc-NAc et de vitamine D3 pourrait donc constituer une première piste de thérapie contre la sclérose en plaques. Ces composés sont actifs par voie orale et ont montré de bons résultats chez la souris. Glc-NAc a déjà été testé, avec des résultats positifs, sur des enfants atteints de maladies de l’intestin résistantes aux traitements.

Les retombées de cette étude ne se limitent pas à la sclérose en plaques. Les sucres et certains des gènes (IL-7RA et IL-2RA) étudiés au cours de ces recherches sont également impliqués dans d’autres maladies, telles que le diabète de type 1. Il apparaît donc que la N-glycosylation joue un rôle dans cette maladie également. Enfin, au cours de cette étude, les chercheurs ont optimisé la technique de Genome Wide Association Study, qui consiste à étudier le génome entier de nombreux individus, afin de relier les variations génotypiques et les variations phénotypiques observées. Ils ont, grâce à cette modification, pu obtenir des résultats statistiquement plus déterminants qu’en utilisant la méthode standard.

www.nature.com/ncomm…
Source : Rapports d’Ambassade

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