Une lettre d’informations d’Act In Biotech

États-Unis : Deux études encourageantes pour la compréhension et la prévention des risques de transmission du virus du SIDA (VIH) entre mères et enfants

Du 27 février au 3 mars 2011 s’est tenue à Boston la 18ème conférence sur les rétrovirus et infections opportunistes (Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI)). Des résultats préliminaires encourageants portant sur deux études concernant la transmission du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) entre mère et enfants y ont été présentés..

Une diminution du risque de transmission du virus VIH par allaitement grâce à un traitement des nouveau-nés

Une première étude, portant le nom de HPTN 046, a été effectuée sur plus de 1500 couples mères-enfants en Afrique du Sud, Tanzanie, Uganda et au Zimbabwe. Elle a débuté en février 2007 et devrait se terminer en Juillet 2011. Des résultats préliminaires montrent une diminution de la transmission par allaitement du virus de la mère à l’enfant par un traitement des nouveau-nés avec des antirétroviraux.

Au cours des 6 premières semaines de vie, chaque nouveau-né enrôlé dans cette étude a reçu quotidiennement une dose de Nevirapine (NVP), antirétroviral régulièrement utilisé en combinaison avec d’autres molécules sur des patients infectés par le VIH. Les enfants n’ayant pas contracté le virus au cours de cette période ont soit prolongé leur traitement jusqu’à fin de l’allaitement ou l’âge de 18 mois, soit reçu un placebo. Les chercheurs ont ensuite évalué le taux d’infection au VIH dans les deux groupes. A l’âge de 6 mois, seulement 1.1% des enfants dont le traitement antirétroviral avait été prolongé étaient infectés par le virus contre 2.4% pour les enfants n’ayant été traités que les 6 premières semaines; ce qui représente une diminution de 54% du taux d’infection.

De façon intéressante, une réduction de 75% de la transmission du virus a été observée sur des enfants traités pendant 6 mois à la Nevirapine et dont la mère, possédant un taux de cellules T immunitaires CD4 > 350 cells/mm3, ne recevait aucun traitement. Ce taux de CD4 est considéré par l’Organisation Mondiale de la Santé comme la limite à partir de laquelle les patients infectés par le VIH ne nécessitent pas de traitement antirétroviraux. Cette étude permet donc de mettre en évidence l’utilité d’un traitement des nouveau-nés même si leurs mères n’en nécessitent pas pour leur propre santé. Selon les chercheurs, le pourcentage d’enfants ayant connu des problèmes de santé au cours de leur traitement n’a pas significativement varié (17 contre 19%) ; les problèmes observés (diarrhée, malaria, pneumonies..) étant apparemment non associés à l’ingestion de NVP.

Une nouvelle combinaison d’antirétroviraux diminue la transmission du VIH chez les nouveaux-nés

Une seconde étude récente et encourageante concerne le problème de la transmission du virus du VIH entre la mère et l’enfant lorsque la mères ignore qu’elle est porteuse du virus.. « Afin de réduire le risque de transmission du VIH entre la mère et l’enfant, il est préférable de commencer un traitement antiviral au cours de la grossesse ; cependant, lorsque ce traitement n’est pas possible, nos résultats montrent que l’ajout d’une ou deux autres drogues thérapeutiques au traitement classique des nouveau-nés aboutit à une diminution importante du risque d’infection » commente le docteur Heather Watts, l’un des auteurs de cette seconde étude.

En effet, lorsque l’infection par le VIH n’est pas diagnostiquée avant l’accouchement, le nouveau-né est généralement traité par un antirétroviral, le Zidovudine (ZDV), afin de prévenir son infection. Cette nouvelle étude montre qu’en plus du traitement standard au ZDV, l’addition d’un ou deux autres médicaments peut réduire de plus de 50% les risques d’infection du nouveau-né par le virus. Ces essais cliniques ont été réalisés dans des hôpitaux aux Brésil, en Afrique du Sud, en Argentine et aux États-Unis sur 1684 enfants nés de mères infectées par le virus VIH et non diagnostiquées avant l’accouchement. Les enfants ont étés séparés en 3 groupes : un groupe recevant un traitement standard de 6 semaines de ZDV, un groupe recevant ce traitement standard additionné de 3 doses de Nevirapine (NVP) au cours des 3 premières semaines et un dernier groupe recevant le traitement standard plus deux semaines de Lamivudine (3TC) et Nelfinavir (NFV). Après 3 mois de traitement quotidien, le taux d’enfants infectés par le VIH était respectivement de 4.9%, 2.2 et 2.5%, soit une diminution d’environ 50% du taux d’infection pour les nouveau-nés traités avec une combinaison de deux ou trois molécules.

Ces deux études on étés financées par le « National Institute of Allergy and InfectiousDiseases » (NIAID) et par le « NIH’sEunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and HumanDevelopment » (NICHD) pour la seconde. Ces instituts font partie des « National Institutes of Health ». De façon plus générale, ces études ont été menées grâce à l’existence du « HIV prevential trial Network », collaboration internationale, crée en 2000 et permettant de développer et de tester l’efficacité de traitements préventifs contre l’infection et la transmission du VIH.

Les National Institutes of Health (NIH) constituent le plus grand centre de recherche biomédicale dans le monde, avec 27 Instituts et Centres de Recherche et plus de 18.000 employés, dont 6.500 scientifiques. Sur un budget de 29.7 milliards de dollars en 2009, hors plan de relance de 10.4 milliards de dollars, seulement 10% sert à financer les projets intra-muros des chercheurs du campus de Bethesda. Plus de 80% du budget est alloué auprès de 3.000 institutions afin de financer les projets de recherche de plus de 300.000 chercheurs à travers le monde.

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www.niaid.nih.gov/Pa…
www.nichd.nih.gov/
www.nih.gov/news/hea…
Source : Rapports d’Ambassade

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