Une lettre d’informations d’Act In Biotech

France : Une nouvelle classe de médicaments utilisés dans le cadre de la chimiothérapie est également active contre le paludisme

Pour communiquer entre elles et avec leur environnement, les cellules utilisent différentes
voies de signalisation. Les signaux donnent à la cellule une représentation de son milieu et lui indiquent parfois d’ajuster
son activité aux besoins de l’organisme. Ces voies de signalisation cellulaires jouent aussi un
rôle clé dans le développement et la survie des tumeurs. La recherche publiée en ligne sur le
site Cellular Microbiology montre que le parasite du paludisme détourne une voie de
signalisation présente chez l’hôte pour proliférer, d’abord dans les cellules de foie, puis dans
les globules rouges. Le parasite ne produit pas lui-même les enzymes actives dans les voies
de signalisation, mais détourne pour ses propres besoins celles de la cellule humaine qu’il
infecte.

Il se trouve que ces mêmes voies de signalisation sont visées par une nouvelle classe de
molécules, mises au point pour la chimiothérapie anticancéreuse, appelées inhibiteurs de
kinases. Les kinases contrôlent la croissance, la survie et la migration cellulaires et leur
dérégulation est une cause bien établie de plusieurs types de cancers. Les chercheurs se
sont aperçus que l’évolution du parasite était stoppée après traitement des globules rouges
infectés avec des inhibiteurs ciblant des kinases humaines.


Un avantage du recours à des inhibiteurs de kinases humaines pour traiter le paludisme
serait de priver le parasite de la possibilité de résister aux médicaments en modifiant les
enzymes-cibles du médicament, puisque dans ce cas-là celles-ci sont produites par la
cellule-hôte et non par le parasite lui-même. L’utilisation d’inhibiteurs de kinases humaines
pour lutter contre le paludisme nécessiterait en outre une période de traitement plus courte
que dans le cas du cancer, ce qui rendrait le problème de la toxicité moins aigu.

Plusieurs médicaments utilisés pour les chimiothérapies ciblent les inhibiteurs de kinases et
sont déjà utilisés cliniquement. Les auteurs de l’étude suggèrent
d’évaluer la possibilité d’utiliser ces médicaments pour leurs propriétés antipaludiques, ce qui
permettrait de réduire considérablement le temps et les coûts nécessaires pour mettre en pratique cette nouvelle stratégie de lutte contre le paludisme.

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Source : Informations Hospitalières

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