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Royaumes-Unis : Une prise quotidienne d’aspirine réduirait les risques de mortalité dus à certains cancers

Une étude, menée par des scientifiques britanniques et japonais répartis au sein de plusieurs universités du pays et publiée dans le journal The Lancet (Early Online Publication, 7/12/10), suggère que la prise quotidienne d’une faible dose d’aspirine pendant une période minimum de cinq ans réduit le risque de décès induit par certains cancers.
Cette étude s’est appuyée sur huit essais cliniques randomisés ayant pris place au Royaume-Uni et en Irlande entre les années 1979 et le milieu des années 2000, représentant un total de plus de 25.000 patients. Pour être éligibles, ces essais cliniques devaient remplir les conditions suivantes :
– les patients divisés en deux groupes, l’un recevant une dose quotidienne d’aspirine et l’autre non (en l’absence d’autre traitement additionnel quelconque), ou l’un recevant une dose quotidienne d’aspirine et l’autre non (en présence de traitements parallèles anticoagulants, antiplaquettaire ou anti-thrombotique) ;
– la prise d’aspirine quotidienne, sans dose limite minimum ou maximum, et de longue durée ;

L’objectif de cette étude était d’identifier des traitements pharmacologiques jouant un rôle de prévention des cancers, car la recherche scientifique et les progrès effectués sur ces maladies s’intéressent davantage aux traitements curatifs. Les auteurs de l’étude ont choisi d’étudier le rôle potentiel de l’aspirine, en raison de ses effets déjà connus pour la santé, en particulier la diminution de l’incidence et/ou de la vitesse de croissance de plusieurs cancers sur des modèles animaux. Chez l’Homme, plusieurs études ont été publiées qui suggèrent que l’aspirine pourrait réduire les risques d’incidence de certains cancers, mais les résultats inter-études variables limitaient les interprétations possibles. Plusieurs autres études observationnelles n’ont pas non plus permis de déterminer les risques et les bénéfices d’une médication. Cependant, le suivi sur le long-terme de patients ayant pris part à plusieurs études séparées avaient suggéré que la prise d’aspirine permettait de réduire le risque de développer un cancer colorectal.

Les résultats publiés par les auteurs de l’étude indiquent que la prise quotidienne d’aspirine à faible dose (à partir de 75mg) pendant une à plusieurs années permet d’observer une réduction de la mortalité chez des patients atteints de certains types de cancer. Les effets de ce traitement semblent de longue durée, la réduction la plus importante survenant 20 ans après la fin du traitement lui-même, notamment pour les cancers à tumeurs solides et pour les cancers gastro-intestinaux. Cette réduction du risque de mortalité lié aux cancers est directement corrélée à la durée du traitement à l’aspirine. Par ailleurs, il existe une période de latence à l’observation des effets positifs d’environ cinq ans pour les cancers du cerveau et du poumon, et de dix ans pour les cancers de l’œsophage, du pancréas, de la prostate et colorectaux. Pour les cancers de l’œsophage et du poumon, les bénéfices étaient observables dans les cas d’adénocarcinomes, et la réduction des risques de mortalité dus à ces cancers augmentait avec le temps, la réduction maximale étant observée 20 ans après la fin du traitement.
Les résultats obtenus peuvent être résumés comme suit :
– la réduction de la mortalité directement liée à la présence d’un cancer dans les groupes traités quotidiennement à l’aspirine résulte en une réduction globale de la mortalité des patients prenant part aux essais cliniques ;
– le traitement quotidien à l’aspirine est directement corrélé à la réduction de la mortalité liée aux cancers gastro-intestinaux et non gastro-intestinaux à tumeurs solides, les bénéfices les plus importants étant observés après une période de latence suivant la fin de l’essai clinique ;
– l’aspirine réduit le risque de décès 20 ans après la survenue d’un cancer, pour tous les cancers à tumeurs solides étudiés et les cancers gastro-intestinaux, mis à part les cancers hématologiques ;
– l’effet du traitement à l’aspirine pendant cinq ans ou plus est de longue durée puisqu’il réduit le risque de mortalité liés aux cancers gastro-intestinaux et non gastro-intestinaux 20 ans après la fin du traitement. Les effets plus spectaculaires sont observés pour les cancers de l’œsophage et les cancers colorectaux.
– les effets de l’aspirine sur la réduction de la mortalité à 20 ans post-traitement (cancers non gastro-intestinaux) provient principalement des cas de cancers du poumon (adénocarcinomes) ;
– tous cancers non gastro-intestinaux confondus, la réduction globale de la mortalité à 20 ans post-traitement est de 1,88%.
– l’aspirine ne montre pas d’effet bénéfique à 20 ans post-traitement pour les cancers à petites cellules ou carcinome des cellules de l’épithélium malpighien ;
– l’aspirine réduit les risques de mortalité chez des patients atteints d’adénomes (œsophage, poumon, etc.).
– la réduction significative du nombre de décès lié aux cancers colorectaux et pancréatiques est observée après la période de latence de cinq ans et dix ans post-traitement, respectivement ;
– les bénéfices les plus importants sont détectés plus de 7 ans après la survenue d’un cancer (pour les cancers à tumeurs solides et les cancers gastro-intestinaux).

www.thelancet.com/jo…
Source : Rapports d’Ambassade

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