Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Espagne : Nouvelle avancée dans la lutte contre les tumeurs cérébrales

Le glioblastome multiforme (GBM), également connu sous le nom d’astrocytome de grade 4, est la tumeur primitive du cerveau la plus fréquente et la plus agressive. Elle représente 52% des tumeurs primitives et 20% de toutes les tumeurs intracrâniennes. Cependant, le glioblastome reste une maladie rare présente dans 2 ou 3 cas pour 100.000 personnes en Europe et en Amérique du Nord.

Des chercheurs de l’Institut d’Oncologie de l’hôpital Vall d’Hebron (VHIO) à Barcelone ont récemment découvert une stratégie de lutte contre le glioblastome. Selon les résultats présentés le 14 décembre 2010 dans la revue Cancer Cell, la revue de recherche sur le cancer la plus importante au monde, il s’agit d’un médicament qui attaque les cellules souches de la tumeur et freine ainsi la progression de la maladie.

La stratégie a été testée avec succès sur des souris auxquelles on avait implanté des tumeurs humaines. Actuellement, une phase de test a commencé sur des personnes dans le cadre d’un test clinique réalisé conjointement par les hôpitaux Vall d’Hebron à Barcelone et Johns Hopkins à Baltimore, aux Etats-Unis.

Joan Seoane, chercheur du VHIO et directeur de ce travail, ne veut cependant pas donner d’espoirs prématurés : « Nous sommes toujours en phase de recherche et pas encore en mesure de proposer un traitement pour les patients ». Cependant, si les tests cliniques donnent les résultats attendus par les chercheurs, ceux-ci espèrent pouvoir améliorer le traitement des tumeurs cérébrales. Joan Seoane précise que leur objectif « est de réussir à empêcher la progression de la tumeur, de manière que les patients puissent vivre avec elle, même si nous n’arrivons pas à l’éliminer. »

Les auteurs de cette recherche financée par le conseil européen de recherche et l’association espagnole de lutte contre le cancer, ont pu constater qu’une grande variété de cellules compose la tumeur. Dans le cas du glioblastome, les cellules responsables du début de la maladie, des récidives, des métastases et de la résistance aux traitements, sont les cellules souches tumorales qui représentent moins de 1% du total des cellules de la tumeur. « Ce sont celles-ci que nous devons attaquer pour améliorer les thérapies » déclare Joan Seoane.

Les chercheurs ont découvert que les cellules souches des glioblastomes possèdent quelques protéines hyperactives qui permettent de les identifier et donc de les attaquer. Elles présentent notamment une activité excessive de l’hormone TGF-ß et de toutes autres protéines qui favorise la production de TGF-ß. Le résultat clé de cette recherche est donc qu’en inhibant l’activité de TGF-ß avec un médicament, les cellules souches du glioblastome cessent d’agir comme des cellules souches, ce qui freine la progression de la tumeur.

Cette production anormalement élevée de l’hormone TGF-ß a aussi été observée dans certains cas de cancer du sein, du poumon et de la prostate. L’équipe de Seoane est donc en train d’analyser si ces cancers réagissent aussi au traitement par inhibiteur de TGF-ß. Un bel espoir donc pour la lutte contre le cancer.

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