Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Japon : Des nano-capsules pour délivrer les médicaments au plus près de leur cible

Une équipe de chercheurs menée par le professeur Kazunori KATAOKA a mis au point des nano-capsules destinées au transport de molécules anti-cancéreuses. Ces nano-capsules sont capables de délivrer leur contenu à proximité du noyau des cellules cancéreuses, ce qui en fait des vecteurs intéressants pour les molécules qui ciblent l’ADN de celles-ci.

Les médicaments anti-cancéreux du groupe des agents dérivés du platine (par exemple, le cisplatine ou l’oxaliplatine) agissent sur l’ADN des cellules cancéreuses, dont ils bloquent la réplication et la réparation jusqu’à entraîner une apoptose (mort cellulaire). L’utilisation de ces substances dans le cadre d’une chimiothérapie présente certains inconvénients. En effet, étant également toxiques pour les cellules saines, elles peuvent donc entraîner des effets secondaires. Par ailleurs, certaines tumeurs produisent des protéines leur conférant une résistance à ce type de médicament.

Pour pallier ces difficultés, une solution à l’étude est l’utilisation de nano-capsules comme vecteurs de transport de médicament dans l’organisme. Cette technologie utilise une propriété particulière des tumeurs, l’effet de perméabilité et de rétention, qui fait que les nano-capsules s’accumulent de façon sélective dans les tumeurs.

L’équipe du professeur KATAOKA a mis au point des capsules de 40 nanomètres de diamètre contenant du (1,2-diaminocyclohexane) platine(II) ou DACHPt, un composé proche de l’oxaliplatine. Ces dernières ont été injectées à des souris à qui on a greffé des cellules de cancer du côlon résistantes à la chimiothérapie. Les chercheurs ont observé qu’elles sont sorties de la circulation sanguine au niveau des tumeurs puis qu’elles ont été dégradées à l’intérieur des endosomes tardifs, à proximité du noyau des cellules. En 25 jours, le volume des tumeurs a doublé chez les souris qui avaient reçu les nano-capsules. En revanche, il a été multiplié par 50 chez les souris qui avaient reçu de l’oxaliplatine sous forme libre. Les chercheurs supposent que le fait que le DACHPt a été libéré non loin de sa cible lui a probablement permis de contourner les mécanismes de résistance des cellules cancéreuses.

Ces premiers résultats montrent que les nano-capsules sont une technologie prometteuse pour améliorer l’efficacité de la chimiothérapie, y compris contre des tumeurs qui résistent à ce jour à ce type de traitement.

stm.sciencemag.org/c…
Source : Rapports d’Ambassade

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