Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Industrie pharmaceutique: une nouvelle diminution des emplois en 2010

Le Leem vient de publier son dernier Baromètre Emploi. Dans un contexte de concurrence accrue et de bouleversement des méthodes de R&D, l’industrie du médicament en France continue d’adapter la structure de ses effectifs pour mieux les renforcer sur le long terme et conforter en France sa position d’industrie « de sortie de crise ». Après dix ans de croissance ininterrompue de l’emploi, le secteur enregistre, pour la deuxième année consécutive, un tassement des effectifs.
L’emploi dans l’industrie pharmaceutique marque à nouveau un recul en 2009 comme en 2008, selon les derniers résultats du Baromètre Emploi du Leem, réalisé par BPI et publié aujourd’hui. Ce recul affecte principalement les fonctions support et les effectifs de la visite médicale. Le total des emplois des Entreprises du Médicament en France atteignait ainsi 106 564 personnes fin 2009 (façonniers inclus), contre 108 407 fin 2008, soit une baisse de 1,7 % correspondant à une perte de 1 843 emplois. Hors façonniers, la diminution est plus élevée : –2,5%. Les prévisions pour 2010 font état d’une nouvelle diminution des emplois des Entreprises du Médicament de –1,9% (façonniers inclus) et de –2,7% (hors façonniers).

Un contexte de mutation internationale
Ces chiffres traduisent les réorganisations mises en œuvre par les entreprises du secteur pour sauvegarder leur compétitivité, dans un contexte de profonde mutation internationale, mais aussi préserver l’emploi, en anticipant sur les nouvelles compétences attendues.
Le risque d’une détérioration de la situation dans les années à venir existe dans les Entreprises du Médicament et chez leurs sous-traitants, dans la mesure où les restructurations vont se poursuivre sur les deux prochaines années. Un phénomène que le Leem avait anticipé, en tirant les enseignements d’une étude prospective réalisée en 2007, à sa demande, par Arthur D. Little, et en s’engageant avec les Pouvoirs publics, au travers du Conseil Stratégique des Industries de Santé (CSIS) dans une ambitieuse politique de maintien de la compétitivité du secteur.
Pour l’heure, les Plans de Sauvegarde de l’Emploi en cours sont principalement liés à des opérations de fusion ou de rachats d’entreprises dictées par la nécessité d’atteindre une taille critique sur le marché et de mutualiser les moyens. Le secteur reste, en effet, faiblement concentré par rapport à d’autres activités. Ces plans sont également liés à des réorganisations d’activités destinées à maintenir la compétitivité des entreprises notamment du fait de l’arrivée à échéance de nombreux brevets, mais aussi à des regroupements de sites ou à des cessations d’activités de petites entreprises.
L’effet des restructurations, qui touchent principalement les effectifs de la visite médicale et des fonctions support, est compensé partiellement par des créations d’emplois en production et en R&D. Le niveau de recrutement du secteur, lié notamment au turnover naturel, reste toutefois dynamique avec près de 9 000 (8 884) recrutements en 2009.

Des difficultés de recrutement
Paradoxalement, dans ce contexte de baisse des effectifs, les Entreprises du Médicament rencontrent des difficultés de recrutement pour certains métiers en R&D, en production (maintenance industrielle, assurance qualité…), et pour certains profils (pharmaciens et médecins). Cette pénurie intervient alors que le secteur connaît des évolutions rapides dans les domaines économiques, technologiques et réglementaires, dans un environnement fortement concurrentiel. D’ici 2018, le secteur du médicament connaîtra près de 18 000 départs à la retraite (17,5 % des effectifs) auxquels s’ajouteront plus de 23 000 départs (22 %) liés au turn-over naturel. Cette reconfiguration en permanence de l’emploi dans l’industrie pharmaceutique permet d’adapter les ressources humaines aux mutations fortes du secteur, sans suppression massive de postes. Par ailleurs, de nouveaux métiers font leur apparition (responsable partenariats publics/privés, responsable épidémiologie, responsable du « lean management », responsable de santé publique régionale…).

Dynamiser la R&D, soutenir la production
Les Entreprises du Médicament emploient dans leurs centres de recherche et développement (R&D) 23 981 personnes (plus d’1 salarié sur 5), soit 20 % du nombre de chercheurs en Europe. Leurs effectifs sont restés stables en 2008 et 2009, alors que leur croissance sur les quinze dernières années atteint 32 %. 65 % des effectifs de recherche sont concentrés dans dix entreprises. Le modèle de la recherche évolue fortement et s’oriente vers le développement de plateformes de recherche coopérative alliant recherche publique, recherche privée et PME de biotechnologies.
La France est aussi, et historiquement, un grand pays de production (médicaments et vaccins) et l’industrie du médicament constitue une richesse dans l’économie nationale et régionale. Les effectifs de production sont en augmentation de 29 % sur les 5 dernières années et de 2,2 % de 2008 à 2009.
Au travers du CSIS, le secteur s’est engagé à maintenir et créer des emplois industriels en facilitant le développement du façonnage sur le territoire national au moment de la tombée des brevets, afin d’éviter la délocalisation de la production française de génériques à l’étranger. Deux accords entre laboratoires et industriels du façonnage implantés en France pour la production de génériques sont nés du CSIS, d’autres sont en cours de finalisation. L’enjeu des années à venir consistera, pour l’ensemble des acteurs de la politique du médicament, à pouvoir concilier politique de régulation et politique d’attractivité dans un secteur compétitif, stratégique et vital pour l’économie française.
Données qualitatives
Le secteur du médicament se caractérise par une mixité relativement équilibrée (58,5 % de femmes et 41,5 % d’hommes), un niveau de qualification élevé (plus de 45 % de cadres et près de 50 % des salariés ont un niveau de formation égal ou supérieur à Bac+2). La moyenne d’âge du secteur est de 41,2 ans. Les dépenses de formation représentent 3,4 % de la masse salariale, soit 20 % de plus que les autres industries. Les moins de 26 ans forment 25 % des recrutements. Les Entreprises du Médicament accueillent chaque année près de 1 400 jeunes en contrats en alternance et de 7 000 à 8 000 stagiaires.

Baromètre emploi complet sur www.leem.org
Source : leem

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