Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Japon : Des micro-organismes adeptes du recyclage

Une équipe de chercheurs de la JAMSTEC (Agence Japonaise pour les Sciences et Technologies Marines et Terrestres) a découvert que certains micro-organismes marins utilisent, pour construire leur membrane, des composants provenant de morceaux de membranes d’individus morts de la même espèce, procédant ainsi à une sorte de recyclage.

Les archées sont l’un des trois domaines du vivant avec les eucaryotes et les bactéries. Comme ces dernières, il s’agit de micro-organismes unicellulaires procaryotes, c’est à dire composés d’une seule cellule qui ne contient pas de noyau. Néanmoins, elles s’en distinguent par plusieurs caractéristiques structurelles et génétiques. Un certain nombre d’espèces d’archées sont capables de survivre dans des conditions extrêmes (par exemple acidité, salinité ou température élevée) et il est difficile de les cultiver pour les étudier.

Les chercheurs se sont intéressés à des archées vivant en milieu marin par 1453 mètres de profondeur dans le but d’identifier par quels mécanismes elles synthétisent leur membrane, qui est composée d’une « ossature » de glycérol à laquelle sont liées des chaînes d’alcool isoprénique. Pour ce faire, ils ont utilisé un drone sous-marin pour mélanger du glucose comprenant des atomes de carbone 13 aux sédiments dans lesquels vivent les archées. Ils ont ensuite prélevé des échantillons au bout de 9 puis de 405 jours pour étudier la composition de la membrane des archées qui se sont nourries du glucose.

Le glycérol de la membrane de ces dernières contenait bien du carbone 13 dès les premiers échantillons. En revanche, aucun atome de carbone 13 n’a été incorporé dans les chaines d’alcool isoprénique. Les chercheurs en déduisent que si le glucose a été utilisé pour synthétiser le glycérol, les chaînes d’acide isoprénique ont été produites à partir d’une autre matière première. Ils suggèrent que les archées sont en réalité capables de « recycler » les restes de membrane laissés par leurs congénères morts, ces restes constituant une partie significative des sédiments marins.

En plus d’apporter de nouvelles informations sur le mode de vie des archées, cette découverte peut avoir des applications concrètes. En effet, pour absorber des morceaux de membrane, les archées doivent d’abord les décomposer, certainement à l’aide d’une enzyme puissante. Les chercheurs pensent que l’identification de cette dernière permettrait de mettre au point une méthode pour décomposer des substances nocives présentes dans l’environnement, comme le nonylphénol par exemple.


www.nature.com/ngeo/…
Source : Rapports d’Ambassade

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