Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Allemagne : La pharmacogénétique pour développer des traitements personnalisés dans le cancer du sein

La Fondation pour le génie génétique de Berlin (« Gentechnologiestiftung ») soutient actuellement un projet de recherche sur la personnalisation des traitements contre le cancer du sein. Cette étude est menée à l’Université de médecine de la Charité à Berlin.

Les médicaments peuvent en effet avoir des conséquences différentes d’une personne à une autre. Après leur ingestion, ils subissent de nombreuses transformations dans le corps humain, en particulier dans le foie, où de nombreuses enzymes sont capables de modifier la molécule active. En effet, le foie est un organe chargé de l’épuration de notre sang, et notamment de l’élimination des substances toxiques qu’il contient.

Dans le foie, les modifications effectuées par les enzymes peuvent activer ou inhiber une substance médicamenteuse. Certains traitements sont donc spécialement développés en prévision de leur modification dans le foie, et ne sont actifs qu’après celle-ci. D’autres, connus pour être en partie inhibés, sont volontairement prescrits en grande quantité pour obtenir une efficacité suffisante. Cependant, les enzymes peuvent varier d’un individu à l’autre, selon le génome et le mode de vie. L’efficacité des médicaments est donc inégale entre deux personnes. Ainsi, la pharmacogénétique est une technologie d’avenir dont la recherche est en plein essor. Il s’agit en effet d’analyser le génome des patients avant prescription pour administrer le médicament le plus adapté à leur organisme.

Le Tamoxifen, médicament le plus utilisé contre le cancer du sein, est en fait une prodrogue, qui nécessite une activation par une enzyme du foie nommée CYP2D6. Toutefois, cette enzyme est plus ou moins présente chez les individus traités, ceci entrainant une efficacité variable du traitement. Il est en effet estimé que dans 10 à 15% de la population caucasienne, l’activité du CYP2D6 est génétiquement limitée, voir abolie. Chez ces patients, le traitement au Tamoxifen est donc inefficace.

Le projet mené par les chercheurs de la Charité consiste à évaluer la corrélation entre le contexte génétique et l’efficacité du Tamoxifen. 100 femmes atteintes de cancer du sein avancé ou métastatique et ayant suivi un traitement palliatif au Tamoxifen doivent être analysées. Leur génotype pour le gène codant pour le CYP2D6 doit ainsi être déterminé et comparé à l’efficacité et à la tolérance du traitement. Le but est avant tout de permettre un choix thérapeutique plus ciblé pour diminuer les effets secondaires et optimiser l’efficacité des thérapies en oncologie.
– Dr. Anne C. Regierer – Clinique d’oncologie et d’hématologie – Université de médecine de la Charité de Berlin – tél. : +49 30-450 513403 – email : anne.regierer@charit…
- Dr. Juliane Bolbrinker – Institut de pharmacologie clinique – Charité Universitätsmedizin Berlin – tél. : +49 30 450 625225 – email : juliane.bolbrinker@c…

Source : Rapports d’Ambassade

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