Une lettre d’informations d’Act In Biotech

États-Unis : Des avancées encourageantes dans la lutte contre le cancer du sein

Le cancer constitue aujourd’hui l’une des principales causes de mortalité et représente 13% du nombre total de décès enregistré en 2004, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), soit 7.4 millions de morts. Le cancer du sein est à l’origine de 519.000 de ces décès et représente le type de cancer le plus mortel chez la femme. De nombreuses études et développements technologiques sont effectués afin d’optimiser la connaissance et la détection précoce du cancer du sein chez la femme et ainsi réduire la mortalité qui lui est associée. Récemment, les Universités de Californie à Irvine (UCI) et à Los Angeles (UCLA) ont publié deux articles dans ce sens.

Le rôle du stress dans le développement de métastases chez les souris atteintes de cancer du sein

Une équipe de UCLA a montré le rôle joué par le stress dans le développement de métastases chez la souris atteinte de cancer du sein. On appelle métastase le développement d’un cancer dans une zone de l’organisme autre que celle originellement atteinte. Jusqu’à présent, le stress était considéré comme un catalyseur du développement tumoral mais l’étude menée par les chercheurs de UCLA montre que le stress agit sur le système immunitaire du patient et que ces changements favorisent le développement de métastases. Pour ce faire, deux groupes de souris ont été inoculés avec des cellules cancéreuses modifiées, exprimant une molécule appelée luciférase, qui permet aux lucioles de briller. L’un de ces groupes a été soumis a une situation stressante (enfermement dans un espace confiné chaque jour pendant deux semaines), l’autre servant de contrôle. Leurs observations montrent que le cancer se répand 30 fois plus vite chez les souris stressées que dans le groupe de contrôle. Le développement de la tumeur principale n’est par contre pas affecté.

Les chercheurs ont par la suite caractérisé les causes biologiques de cette différence. La cascade biologique causée par le stress augmente l’activation et le recrutement de cellules immunitaires appelées macrophages au niveau de la tumeur principale. Le contact entre les macrophages et les tissus endommagés par la croissance de la tumeur provoque une série de réactions appelée inflammation, qui constitue l’une des réponses habituelles de l’organisme face à une infection. Ces réactions visent à permettre la reconstruction des tissus endommagés en favorisant la multiplication des cellules. Les cellules cancéreuses étant caractérisées par leur tendance à se multiplier de façon incontrôlée, elles bénéficient donc de ces réactions : afflux d’oxygène, de nutriments et de facteurs de croissance, qui constituent le carburant cellulaire. Couplé au fait que la matrice extra-cellulaire (qui maintient les cellules assemblées entre elles pour former le tissu) est endommagée durant l’inflammation, toutes les conditions sont réunies pour que des cellules cancéreuses extrêmement actives soient libérées dans l’organisme et aillent « coloniser » de nouveaux tissus.

L’étude a montré que l’utilisation de béta-bloquants, une classe de molécule utilisée pour le traitement du stress, permettait d’inhiber la réponse inflammatoire associée aux macrophages et ainsi empêcher le développement de métastases. L’identification du rôle précis du stress dans le développement du cancer permet également de mieux prendre en compte ce facteur de risque dans les stratégies de dépistage. Les chercheurs de UCLA suggèrent par exemple de renforcer les actions chez les femmes jeunes, généralement plus sujettes au stress que leurs aînées.

Une nouvelle méthode d’imagerie pour la détection du cancer du sein

Une équipe de UCI a montré que réaliser deux mammographies à des niveaux d’énergie différents permettait de mesurer la densité des tissus mammaires. Il est connu depuis longtemps qu’une densité élevée de ces tissus est associée à un risque plus élevé de développer un cancer mais il n’existait jusqu’à présent pas de méthode standard pour mesurer ce paramètre. La méthode développée à UCI a été présentée en Juillet dernier lors de la rencontre annuelle de l’Association Américaine des Physiciens en Médecine et a été très favorablement reçue. Si les tests à grande échelle se révèlent positifs, cette technique pourrait devenir un examen standard, associé à la mammographie traditionnelle.

www.cancer.ucla.edu/
www.cancer.uci.edu/
www.cbcrp.org/
newsroom.ucla.edu/po…
Source : Rapports d’Ambassade

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