Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Deux nouveaux programmes accélérateurs de start-ups ouvrent leurs portes à Boston

Une fois n’est pas coutume, le mois de juin à Boston est on ne peut plus actif. On assiste ce mois ci au lancement de deux nouveaux programmes d’aide à la création de jeunes entreprises technologiques. En 2009, le départ de Boston du programme Y-Combinator avait fait beaucoup de bruit, sinon fait douter l’ensemble de l’écosystème entrepreneurial de la région. Le lancement de ces deux « accélérateurs de start-ups » en Nouvelle-Angleterre s’inscrit dans un dynamisme entrepreneurial retrouvé. A la faveur de la reprise économique, ces initiatives pourraient porter leurs fruits plus rapidement que prévu. Ces programmes, ici appelés « incubators », n’ont pas grande chose à voir avec les incubateurs ou les pépinières d’entreprises français. Ce sont en réalité des camps pour entrepreneurs, généralement de trois mois, dans lesquels les porteurs de projets rassemblés dans un espace de travail collaboratif, sont accompagnés par des entrepreneurs chevronnés. Le but est simple : à la fin du programme d’accélération, les start-ups doivent être en mesure de présenter leur idée devant des investisseurs. Les meilleurs projets se voient attribuer une somme allant de 15 à 20.000 dollars de capital d’amorçage, qui en contrepartie d’une part dans le capital de l’entreprise (en général de 7 à 15%). Le but in fine est bien entendu d’amortir cet investissement à haut risque lors d’une acquisition ou une introduction en bourse de l’entreprise (IPO). Le premier de ces nouveaux accélérateurs Bostoniens, Anything Goes Accelerator Lab, est lancé depuis le Cambridge Innovation Center par Bill Warner, tout à la fois entrepreneur confirmé et investisseur providentiel en plus d’être bien connu dans la région. Warner est notamment le fondateur d’Avid Technology, une entreprise à succès née à Boston. A la différence des programmes classiques du type Y-Combinator ou TechStars, Anything Goes qui ouvrira ses portes en septembre et accueillera 80 porteurs de projets, ne demandera aucune participation dans les entreprises soutenues. L’idée des Warner est davantage d’être à la source d’un flux de projets prometteurs et de se placer en investisseur potentiel à titre personnel plus rapidement que quiconque. Autre point important, Warner n’évaluera pas les candidats sur leur plan d’affaires, mais plutôt sur les « Pitchs » des entrepreneurs. Selon lui, l’exercice reflète davantage le caractère et la vision de l’entrepreneur ou de l’équipe. Le programme se définit donc davantage comme un accélérateur d’entrepreneurs que comme un accélérateur d’entreprises. Il a donc pour but, moyennant un ticket modérateur minime (350 dollars par entreprise), de maximiser l’apprentissage de l’entrepreneur et de l’aider à définir sa vision de sa propre entreprise. Pour les porteurs de projets, l’avantage principal de ce genre de programme réside majoritairement dans les contacts avec le réseau de mentors et de professionnels de la technologie que Warner a su rassembler. A l’instar des autres programmes existants, l’accent est mis sur les jeunes pousses de logiciel ou de l’Internet, plus faciles à « accélérer », on l’imagine bien, que des entreprises en sciences de la vie ou en nanotechnologies, davantage soumises aux contraintes réglementaires. Le second programme à avoir récemment vu le jour est le Founder Institute, un camp de quatre mois pour entrepreneurs. Lancé l’année dernière, le programme a déjà organisé plusieurs « camps » à Paris, Singapour et dans la Silicon Valley. Il présente une structure de participation dans les entreprises assez innovante : chaque entreprise participante contribue à hauteur 3,5% de son capital à un pot commun partagé par l’ensemble des participants, des mentors et des organisateurs. De son côté, l’institut possède 15% de ce fonds commun. L’idée est que si l’une des entreprises participantes réussit et donc augmente son capital grâce à des investisseurs extérieurs, le pot commun s’accroît pour le plus grand bénéfice de la communauté. Ce concept original a pour objectif de créer un écosystème dans lequel chaque entrepreneur est solidaire du succès de son collègue et dans lequel les mentors peuvent espérer un retour financier direct de leur implication. A la différence aussi des programmes existants, le Founder Institute ne fournit pas d’espace de travail en commun. Le prix d’entrée reste modeste : 500 dollars (pour Boston du moins, le ticket à Singapour atteignait les 2 500 dollars). A l’instar de Anything Goes, le programme n’exige pas le traditionnel plan d’affaires pour évaluer les candidats à l’entrée : l’accent est seulement mis sur les présentations et les entretiens avec les porteurs de projets. A Boston, le Founder Institute ambitionne d’organiser deux camps de quatre mois chaque année. Au final, le lancement de ces deux nouveaux programmes accélérateur de start-up est une vraie bonne nouvelle pour la Nouvelle-Angleterre. Ils introduisent de l’effervescence dans l’écosystème entrepreneurial tout en connectant les jeunes projets à haut risque avec des entrepreneurs d’expérience. Une remarque : nous constatons un délaissement croissant des plans d’affaire (Business Plans) dans l’évaluation des projets de création d’entreprise. Cette tendance, qui se manifeste également de façon croissance chez les investisseurs providentiels et les capitaux-risqueurs, vient remettre en question une bonne partie des contenus d’enseignement en entrepreneuriat. De nombreuses universités et écoles de commerce placent en effet la rédaction du plan d’affaire au cœur des syllabus d’entrepreneuriat. Alors, simple effet de mode ou réel mouvement structurel de l’industrie auquel le monde de l’enseignement supérieur devra s’adapter ? Affaire à suivre…

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Source : Rapports d’Ambassade

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