Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Un marché en plein essor… sauf outre-Atlantique

Des ventes en berne, des stocks qui s’accumulent : aux États-Unis, la crise économique a aussi touché l’industrie des médicaments dérivés du plasma…
Victor Grifols n’a pas froid aux yeux. En achetant une entreprise plus imposante que la sienne et en acceptant de la payer un prix très élevé, représentant 22 fois le bénéfice net de l’année écoulée, le patron de Grifols fait preuve d’une audace certaine.
Il s’agit en fait d’un double pari. Le premier, c’est que l’acquisition de Talecris est une opération d’une telle importance qu’elle justifie un prix exceptionnel. Stratégiquement, elle va en effet permettre à Grifols de passer de 7 % à 17 % du marché mondial et donc de changer de statut. Le groupe espagnol ne sera plus un acteur de deuxième rang, mais l’un de ceux qui tiennent le marché.
Traitements coûteux
Le deuxième pari est celui de la reprise aux Etats-Unis. Il y a un mois et demi, le leader Baxter a envoyé des signaux assez négatifs qui ont fait plonger son action… et celles de ses concurrents comme CSL ou Talecris. Avec la crise, ont expliqué les dirigeants de Baxter, le marché américain de l’albumine, des immunoglobulines et autres facteurs de coagulation est à la peine. Il ne progresse plus que de 1 % à 2 % en rythme annuel, contre de 7 % à 8 % un an auparavant, selon les analystes de Santander. Il faut dire qu’il s’agit de traitements coûteux : jusqu’à 90.000 dollars par an pour une immunoglobuline, par exemple. Les Américains prenant à leur charge une partie de ce type de frais, les problèmes de pouvoir d’achat ont visiblement fait reculer certains.
Pour ne rien arranger, les stocks s’accumulent et, outre-Atlantique, les industriels se sont lancés dans une guerre des prix qui a fait perdre du terrain à Baxter.
Victor Grifols, lui, mise sur le plus long terme et au-delà des seuls Etats-Unis. « Entre le vieillissement de la population et l’utilisation des dérivés du plasma pour traiter de nouvelles maladies, il y a une hausse très forte de la demande mondiale », souligne le docteur Fréderic Bigey, de l’Etablissement français du sang en Alsace. Selon les consultants d’EvaluatePharma, le marché mondial des dérivés du sang, évalué à 13,8 milliards de dollars en 2009, devrait grimper de 7 % par an d’ici à 2016.

Source : Les echos 8 juin 2010

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