Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Un réseau social de recherche au nom de Pierre-Gilles de Gennes

Pour déployer son modèle à grande échelle, la Fondation Pierre-Gilles de Gennes lance aujourd’hui sur son site un réseau social scientifique au service des entreprises innovantes.
Fidèle à l’esprit du prix Nobel de physique disparu en 2007, la Fondation Pierre-Gilles de Gennes annonce aujourd’hui le lancement du FPGG Network, une communauté virtuelle inédite au service de l’innovation dans la santé. Cette plate-forme interactive vise un double objectif : favoriser l’interdisciplinarité entre les 1.500 chercheurs regroupés au sein de la fondation et leur permettre de faire des échanges avec des entreprises innovantes pour résoudre ensemble des problématiques complexes de R&D.
« Comme Pierre-Gilles de Gennes, nous sommes convaincus qu’il n’y a pas de grande science sans dialogue entre les mondes industriel et académique », souligne Gilles Rubinstenn, directeur de cette fondation créée en septembre 2007 par cinq partenaires : l’Ecole normale supérieure (ENS), l’Ecole supérieure de physique et de chimie industrielles (Espci), l’Institut Curie, le CNRS et l’Inserm. « Depuis le 1er janvier 2009, nous avons testé un nouveau modèle économique en utilisant le crédit impôt recherche comme levier », poursuit Gilles Rubinstenn, qui précise avoir ainsi initié et financé, pour un montant global de 2,6 millions d’euros, huit projets de recherche en partenariat avec un industriel. Par exemple, la société Urgo s’est associée à deux équipes de l’Espci pour élucider le phénomène de perte d’adhésion sur un support humide, comme un pansement sur une plaie, qui se joue au niveau moléculaire.
Vraie prise de risque
Un autre projet, qui implique la start-up Neurelec et le département d’études cognitives de l’ENS, cherche à décrypter la finesse du traitement de la structure temporelle du son par le système auditif humain, en vue de mettre au point des prothèses vraiment efficaces. Des partenariats public-privé montés dans un délai assez court : « Il faut en moyenne sept mois entre les premiers contacts et le début des opérations », précise Gilles Rubinstenn, rappelant que les négociations entre le public et le privé peuvent parfois s’étaler sur plus de deux années.
Avec une vraie prise de risque reconnue par les bénéficiaires de ces aides : « La fondation subventionne un projet de recherche qui représente une ouverture par rapport aux champs d’activité où mon équipe a déjà démontré une excellence particulière », souligne Simon Scheuring, directeur de recherche à l’Inserm-Institut Curie, qui insiste aussi sur la réactivité. « Contrairement aux appels à projets lancés une fois par an, on peut déposer un dossier à tout moment, sachant qu’il sera évalué dès le prochain comité de pilotage. »
Hébergée sur l’extranet de la fondation, la nouvelle plate-forme interactive va servir de tremplin pour déployer ce concept de transfert de technologie atypique à plus grande échelle. « Cet outil peut changer la donne entre le public et le privé, qui n’a pas la capacité d’identifier et de mettre en place de tels réseaux de compétences pluridisciplinaires », estime Mickael Tanter, directeur de recherche à l’Institut Langevin de l’Espci. « A travers cette plate-forme, la fondation va apporter à un industriel un interlocuteur global, qui possède l’ensemble des compétences nécessaires pour ses projets à très fort potentiel, puisqu’il se situe à la frontière entre toutes les disciplines où naissent la majorité d es grandes découvertes. »
Souder des équipes
Car la partie la plus complexe à gérer n’est pas d’ordre technique. « Le contact avec le privé est toujours difficile, on a l’impression de vivre dans un monde parallèle », soulève Simon Scheuring. La difficulté majeure réside dans la mise en place de connexions entre toutes les disciplines et d’interactions pour souder des équipes autour d’un objectif commun.
Pour la conception du FPGG Network, la fondation a fait appel à l’expertise de la société Hypios, qui a lancé l’an dernier un réseau social de 120.000 chercheurs originaires de 152 pays pour aider les entreprises à résoudre leurs problèmes de R & D. « Pour le réseau de la fondation, nous avons développé des outils sur mesure qui tiennent compte de la nécessité d’administration personnalisée d’une communauté privée », explique Oussama Ammar, président-fondateur d’Hypios. Pour ce faire, il a fallu imaginer des outils de profilage très avancés pour aboutir à une cartographie fine des compétences et des publications scientifiques de chacun des chercheurs.
La première rencontre physique de cette nouvelle communauté scientifico-industrielle aura lieu à l’occasion des Journées Défis & Recherche organisées par la Fondation Pierre-Gilles de Gennes, du 19 au 21 juillet, à Paris.

Source : Les Échos

Leave a Response