Une lettre d’informations d’Act In Biotech

Les laboratoires d’analyses médicales très convoités

Les investisseurs institutionnels participent à la création de grands groupes.
La biologie médicale vit une révolution. Le secteur passe à vitesse accélérée d’un statut artisanal à un statut industriel.
Les prix flambent dans le diagnostic médical. «Un laboratoire de biologie valait 100% de son chiffre d’affaires il y a un an, il en vaut aujourd’hui 130% voire parfois 170%», s’exclame Thierry Bouchet, président du groupement Bio Paris Ouest. Les acheteurs se bousculent au portillon. Parmi eux, des groupes de laboratoires qui, à l’image de Bio Paris Ouest, fusionnent ou rachètent des concurrents. Mais aussi de grands investisseurs. Groupama et d’autres financiers ont lancé il y a un an Novescia: le groupe a déjà racheté près de 80 laboratoires et il vise 10% du marché français d’ici à 2011. Labco, l’un des leaders du diagnostic médical en Europe, vient de finaliser l’acquisition du centre de diagnostic italien CAM et il prévoit d’investir 100 millions d’euros dans de nouvelles acquisitions en 2010. Cerba European Lab, autre grand laboratoire européen, jusqu’ici surtout fournisseur de tests spécialisés pour les autres laboratoires, s’installe à son tour sur le marché de la biologie médicale non spécialisée. Il a racheté deux ensembles de 10 et 17 laboratoires dans le Nord et la région lyonnaise. Cerba, dont le chiffre d’affaires dépasse 200 millions d’euros, est aussi très convoité. Son principal actionnaire financier, Industri Kapital, discute la cession de ses parts avec plusieurs fonds.
Moins de laboratoires
La biologie médicale vit une révolution. Le secteur passe à vitesse accélérée «d’un statut artisanal à un statut industriel», souligne Thierry Bouchet. Le diagnostic biologique devient «prédominant» dans l’identification précoce des maladies et le choix des traitements, explique Bertrand Le Bert, président de Roche Diagnostics France, premier fournisseur de dispositifs pour le diagnostic in vitro (réalisé à partir de prélèvements humains). Dans l’Hexagone, 70% des décisions médicales sont prises à partir de données biologiques.
Mais c’est surtout l’ordonnance du 13 janvier 2010 qui chamboule les règles. Elle contraint les 5 800 laboratoires français à être accrédités selon la norme de qualité ISO 15189. Un processus long et onéreux qui s’accompagnera, espèrent les autorités, d’un regroupement des établissements. Plus de la moitié d’entre eux devraient disparaître au profit de structures plus grandes, adossées à de vastes plates-formes d’analyse, gage de qualité et d’économies d’échelle. Un mouvement inéluctable, que la Cour de justice européenne pourrait accélérer. Elle donnera en juin son avis sur l’ouverture du capital des laboratoires, jusqu’ici limitée par la loi française à 25% pour les investisseurs non biologistes, ce qui les contraint aujourd’hui à recourir à des montages complexes.

Source : www.lefigaro.fr/

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