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États-Unis : Maladie d’Alzheimer, la recherche est à côté de la plaque… amyloïde

Des chercheurs de la Mount Sinai School of Medicine (New York) ont montré que la maladie d’Alzheimer n’était pas causée comme on le pensait par les plaques amyloïdes, mais avait pour origine des oligomères bêta-amyloïde (Aß). Leurs résultats publiés dans le journal Annals of Neurology sont à l’opposé du discours dominant sur la maladie d’Alzheimer. La maladie d’Alzheimer est une maladie neuro-dégénérative du tissu cérébral qui entraîne la perte progressive et irréversible des fonctions mentales (mémoire, langage…). Principale cause de démence chez les personnes âgées, elle touche environ 26 millions de personnes dans le monde dont environ 5,3 millions d’américains. Elle se caractérise, au stade précoce, par l’apparition de plaques de protéine bêta-amyloïdes et d’agrégats pathologiques de la protéine Tau (protéine associée aux microtubules), responsables de la dégénérescence neuro-fibrillaire dans le cerveau des patients. Les plaques amyloïdes qui s’accumulent dans le cortex ainsi que dans d’autres régions du cerveau des patients atteints de la maladie sont constituées d’agrégats de protéines extracellulaires. Le composant principal de ces plaques est la protéine Aß (ou peptide bêta-amyloïde), produite par clivage de la protéine précurseur APP. Le peptide Aß joue un rôle essentiel dans le développement de la maladie d’Alzheimer. Les mécanismes d’inflammation qui suivent le dépôt de ce peptide dans le cerveau, ont pour conséquences d’en faciliter l’accumulation et d’induire une neuro-inflammation. « L’accumulation des plaques amyloïdes dans la maladie d’Alzheimer a été décrit il y a plus de cent ans, et a depuis reçu l’essentiel de l’attention des chercheurs », explique l’auteur principal de l’étude, le Dr Sam Gandy, professeur de neurologie et de psychiatrie, et directeur adjoint du Centre de recherche sur la maladie d’Alzheimer à la Mount Sinai School of Medicine. Un débat existe néanmoins pour savoir si ces plaques sont toxiques, neuroprotectrices ou inertes. Le peptide Aß peut se présenter soit sous forme d’amas oligomériques solubles soit sous forme de plaques insolubles. Plusieurs groupes de recherche ont suggéré que la forme soluble était l’élément qui entravait le fonctionnement des cellules du cerveau chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. L’équipe de Mount Sinai a utilisé un nouveau modèle de souris qui fabrique des oligomères bêta-amyloïdes solubles (Aß-derived diffusible ligands, ADDL) mais ne développe jamais de plaques. Les chercheurs ont découvert que ces souris ADDL présentaient les mêmes troubles cognitifs que les souris capables de développer des plaques et des oligomères. Ces résultats montrent que l’apparition de troubles pathologiques peut s’expliquer par la seule présence d’oligomères solubles. Les chercheurs ont modifié les souris ADDL en leur ajoutant un gène qui permet la conversion des oligomères solubles en plaques bêta-amyloïde insolubles. Il est apparu que ces souris modifiées ne présentaient plus les déficiences cognitives observées chez les souris ADDL non traitées. Les troubles neuroloqiques étaient donc bien corrélés avec la présence d’oligomères bêta-amyloides solubles. « Ces résultats encouragent le développement de marqueurs en neuroimagerie pour visualiser, et suivre l’accumulation d’oligomères dans le cerveau. Des médicaments pourraient être également développés pour détoxifier les oligomères. Ces données comparées aux observations cliniques peuvent conduire à une percée majeure dans la gestion, le ralentissement ou même la prévention de la maladie d’Alzheimer », explique le Dr Gandy. Cette nouvelle approche donne donc un espoir pour des millions de malades à travers le monde. L’étude a été en partie financée par le consortium Oligomer Research Consortium du Cure Alzheimer Fund.

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Source : Rapports d’Ambassade

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