Une lettre d’informations d’Act In Biotech

La Bourse, bouée de survie des biotechs ?

DÉCRYPTAGE – Aveo, Movetis, Neovacs… Les biotechs reprennent doucement le chemin de marchés financiers exigeants. Mais se pose le problème du clivage d’intérêts entre investisseurs et jeunes pousses. Par Wansquare.

Transgène est à nouveau sous les feux de la rampe. La biotech cotée, qui a besoin d’argent frais, préparerait une levée de fonds de 150 millions d’euros. Le cas de Transgene est typique des problématiques des biotechs cotées en Bourse: le laboratoire de R&D ne dégage quasiment pas de chiffre d’affaires et a creusé ses pertes en 2009, d’où un besoin irrémédiable de nouveaux fonds propres.
Une IPO constitue certes un relais de financement essentiel et même vital au développement des sociétés de recherche. Aveo Pharmaceuticals, une biotech américaine qui s’est lancée en Bourse il y a quelques jours, n’en disait pas moins dans son prospectus: selon elle, ses cash flows négatifs et son besoin de capitaux frais risquaient de mettre en cause la pérennité même de l’activité.
Fort heureusement pour elle, les cordons de la Bourse se détendent depuis quelques mois: outre Atlantique, quatre biotechs ont pris le chemin de la cotation depuis l’automne, avec plus ou moins de succès. En Europe, le hollandais Cryo-Save et le belge Movetis ont réussi leurs premiers pas en Bourse en fin d’année. Et la France devrait suivre avec Neovacs, une biotech sponsorisée par Truffle Capital qui compte lever 20 millions d’euros sur Alternext ce mois-ci. Pour les analystes, les investisseurs sont prêts à répondre aux sollicitations, tant que les projets présentés sont assez matures, et qu’une commercialisation est envisageable. Le prix établi par les VCs actionnaires est également essentiel au succès de l’opération.
Après 18 mois d’atonie boursière et d’aversion au risque, les biotech seraient donc remises au goût du jour? L’environnement structurel et conjoncturel est certes favorable aux biotechs: les grands groupes pharmaceutiques ont toujours eu moins de capacités de recherche, et ont besoin de collaborer avec ces pépites innovantes, ou de les racheter. Par ailleurs, le développement des cleantechs, ou la réforme Obama de la couverture maladie, offrent un appui conjoncturel aux jeunes pousses évoluant dans ces secteurs.
Mais l’IPO ne signifie pas la fin du périple financier pour les biotechs en mal de financements. Car, une fois cotés, ces jeunes labos sont confrontés aux exigences d’actionnaires qui recherchent la plus-value de leur investissement, ou à tout le moins, un dividende. Leur vision court-termiste contraste avec les stratégies de ces groupes, qui ont des besoins financiers importants, mais peuvent ne pas être rentable avant de nombreuses années. Ainsi, Transgene, créé en 1979, cherche cette importante enveloppe afin d’accélérer son développement et d’être rentable…d’ici à 2015.

Source : LeFigaro.fr 23/03/2010

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