Une lettre d’informations d’Act In Biotech

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Augmentation du budget pour l’enseignement et la recherche en 2010
Lors de la présentation devant le parlement allemand du budget 2010 du gouvernement de la chancelière Angela Merkel, il a été fait état d’une augmentation des moyens financiers de 6,5% pour l’année 2010. Le gouvernement de coalition CDU-CSU affirme ainsi une politique volontariste en faveur de la recherche, de l’innovation et de l’enseignement supérieur.

Lors de la publication du contrat de coalition fin 2009, le souhait avait été formulé d’augmenter le budget du Ministère fédéral de l’enseignement et de la recherche de 12 milliards d’ici à la fin de la période législative, soit mi 2013. Ce souhait explique donc la forte augmentation du budget cette année qui passe à 10,87 milliards d’euros (+660 millions).

Ainsi le programme-cadre « recherche pour un développement durable », qui s’inscrit dans le cadre de la stratégie High-Tech, remplace le projet « climat, environnement et gestion durable ». En plus d’un changement de nom, le nouveau programme bénéficie d’une augmentation de 10% de son budget, celui-ci passant à 137 millions d’euros pour l’année 2010. De plus, 144 millions vont être consacrés aux technologies environnementales et durables (+ 12% par rapport à 2009). Les nouvelles technologies voient leur financement par projet augmenter de 14%, soit 709 millions d’euros. En particulier les sciences du vivant reçoivent près d’un demi-milliard d’euros, soit une hausse de 12%. Ces sommes seront consacrées à des domaines variés comme l’électromobilité ou la médecine individuelle.

L’enseignement n’est pas oublié puisque d’importantes sommes vont être consacrées à tous les aspects de la formation et de l’éducation. On notera une augmentation de 71% du budget (193 millions au total) consacré à l’amélioration du programme de « modernisation et de renforcement de la formation professionnelle ». Le budget du programme « renforcement de l’enseignement tout au long de la vie » augmente de 44% pour atteindre 201 millions d’euros. On note aussi une augmentation des moyens pour l’enseignement supérieur, dont le pacte (Hochschulpakt) bénéficie d’une augmentation d’un tiers de son budget, à hauteur de 509 millions d’euros.

En ce qui concerne l’internationalisation de la recherche et de l’enseignement supérieur allemand, deux initiatives sont favorisées. Tout d’abord, les chaires Alexander von Humboldt qui reçoivent cette année 39 millions d’euros de moyens supplémentaires. Enfin, 13 millions d’euros vont être consacrés à la coopération avec les pays en voie de développement.

45 millions d’euros supplémentaires pour les 4 centres allemands spécialistes de la biologie des systèmes
En liant biologie moléculaire et modèles mathématiques, la biologie des systèmes apporte des connaissances essentielles aux biotechnologies et à la recherche en santé. Si les premiers projets de biologie des systèmes ont été initiés aux États-Unis et au Japon, l’Europe, et en particulier l’Allemagne, a progressivement mis en place de grands programmes concernant ce nouveau domaine de recherche interdisciplinaire. Depuis 2001, le soutien financier du Ministère fédéral de l’Enseignement et de la Recherche (BMBF) accordé aux différents programmes dans le domaine de la biologie des systèmes représente un budget total de 300 millions d’euros.

L’initiative FORSYS, mise en place par le BMBF en 2007, encourage le développement en Allemagne de 4 centres, qui regroupent sous un même toit l’ensemble des différentes disciplines de la biologie des systèmes. Cette initiative a été évaluée récemment par un comité international d’experts indépendants, issus des secteurs de la recherche et de l’économie. Les experts se sont accordés sur l’excellent niveau scientifique des 4 centres FORSYS. Le BMBF a donc décidé d’attribuer 45 millions d’euros supplémentaires aux 4 centres jusqu’en 2011. Après cette deuxième phase de financement fédéral, les groupes de recherche seront soutenus par leurs institutions respectives. Des représentants des régions du Bade-Wurtemberg, du Brandebourg et de la Saxe-Anhalt ont confirmé leur soutien.

Les centres FORSYS ont des spécialités thématiques et des approches conceptuelles différentes, assurant ainsi la compétitivité de la recherche biomédicale allemande au niveau international :
- « GoFORSYS » à Potsdam : régulation de la photosynthèse dans les algues et les plantes ;
- « VIROQUANT » à Heidelberg : interactions des virus avec leurs cellules-hôtes ;
- « MaCS » à Magdeburg : modélisation mathématique des processus cellulaires du contrôle et de la régulation ;
- « FRISYS » à Fribourg : modélisation des processus cellulaires globaux de signalisation.

Le soutien de la formation universitaire et le renforcement de la relève scientifique sont des composantes essentielles de l’initiative FORSYS. Ainsi, des chaires d’enseignement, des cursus et des écoles doctorales dédiées à la biologie des systèmes ont été créés et recouvrent les formations pratiques, théoriques et technologiques. Enfin, la mise en place de groupes de recherche dirigés par de jeunes scientifiques vise à asseoir la biologie des systèmes comme domaine de recherche autonome.

www.forsys.net/jooml…

Inauguration du nouveau centre de conférences du Laboratoire européen de biologie moléculaire à Heidelberg
Le nouveau Centre de formation avancée (Advanced Training Center – ATC) du Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL) a été inauguré officiellement le 9 mars 2010 sur le campus d’Heidelberg. Le centre a pour ambition de compter parmi les premiers centres de conférences et de formation pour les sciences de la vie en Europe. À l’occasion de l’inauguration, la ministre fédérale de la recherche Annette Schavan a déclaré : « Avec ce nouveau centre de conférences, Heidelberg acquiert un podium européen central, sur lequel des scientifiques internationaux de toutes disciplines et de toutes générations se rencontreront pour échanger leurs idées et leurs savoir-faire ».

Le nouveau bâtiment de l’EMBL a la structure d’une double hélice, en clin d’oeil à la forme d’une molécule d’ADN. Sa construction a été financée par le Ministère fédéral de l’Enseignement et de la Recherche (14 millions d’euros), par la fondation Klaus Tschira (10 millions d’euros), par le Land du Bade-Wurtemberg (un million d’euros) et par les pays membres de l’EMBO. La ministre s’est félicitée de cet exemple réussi de partenariat public-privé pour la création d’infrastructures de recherche.
Avec un auditorium pouvant accueillir 450 personnes et une large zone permettant de présenter des posters scientifiques, l’ACT offrira un cadre attractif adapté aux conférences régulières d’excellence de l’EMBL et de l’EMBO. Des laboratoires et des salles informatiques à la pointe de la technologie seront également mis à la disposition des jeunes scientifiques. Iain Mattaj, directeur général de l’EMBL, précise que l’ATC devrait accueillir environ 6.000 personnes par an participant aux conférences et aux formations.

www.embl.de/training…
www.klaus-tschira-st…

Un soutien de 76 millions de dollars pour développer des lignées de cellules iPS et étudier les variations génétiques humaines
Le « National Heart, Lung, and Blood Institute » (NHLBI) a annoncé le financement pendant cinq ans pour un montant de 76 millions de dollars d’un nouveau programme appelé « Next Generation Genetic Association Studies » visant à utiliser de nouveaux outils cellulaires, moléculaires et génétiques pour étudier le lien entre variations génétiques et maladies. Le programme supportera entre cinq et huit bourses de recherche (« grants »).

Les études génomiques ont permis d’identifier des variants génétiques associées aux maladies les plus communes, mais n’en ont pas dévoilé complètement les causes sous-jacentes. Pour surmonter cette limite, le programme du NHLBI mettra en place une approche progressive pour étudier comment les variants génétiques identifiés grâce aux études génomiques (Genome Wide Association Study GWAS) influencent les phénotypes moléculaires dans des modèles cellulaires de maladies.

Ces modèles cellulaires utiliseront des cellules souches pluripotentes induites (iPS). Les dernières avancées de la recherche dans le domaine de la biologie des cellules souches permettent l’obtention de cellules iPS facilement à partir de tissus humains (par exemple, les fibroblastes de la peau, les cellules sanguines et les kératinocytes des cheveux). Ces cellules différenciées sont potentiellement utilisables comme modèles de maladies pour des tests thérapeutiques ou des examens toxicologiques. Néanmoins, les protocoles de création de cellules iPS à partir de cellules somatiques et les protocoles de différenciation des cellules iPS ne sont pas encore prêts pour une production de ces cellules à haut débit. Le but du programme du NHLBI est donc d’améliorer ces technologies et de développer des types cellulaires d’iPS associés à d’autres pathologies cardiovasculaires, pulmonaires et d’origine sanguine.

Les candidats devront soumettre une demande unique organisée en trois phases :

Phase I : Développer des technologies pour produire des cellules souches pluripotentes induites (iPS) à partir d’échantillons humains (fibroblastes, kératinocytes, cellules sanguines…) et réaliser une différenciation de ces cellules iPS en tissus utilisables pour l’étude des maladies cardiaques, pulmonaires, sanguines et neurologiques.

Phase II : Rendre plus efficace la collecte des tissus, la différenciation cellulaire et le profilage des échantillons. Les échantillons tissulaires doivent pouvoir être obtenus à partir de populations humaines vivantes et sur des centaines ou des milliers d’individus. Les tests pour la différenciation cellulaire et les tests de profilage cellulaire doivent être pertinents, reproductibles, économiques, et se prêter à la mise en oeuvre à haut débit.

Phase III : Mettre en application les technologies développées pendant les phases I et II (reprogrammation cellulaire, profilage moléculaire, dosages physiologiques et biochimiques) sur les échantillons obtenus à partir de la population, et intégrer ces résultats avec les données génomiques actuelles (Genome Wide Association Study (GWAS), séquençage, gènes candidats…). Ces résultats permettront d’évaluer comment les variations génétiques humaines influencent les activités des réseaux biologiques dans des modèles cellulaires de maladies.

Les candidats proposeront ainsi des phases I à III ou des phases II à III en fonction de l’état actuel des avancées de leurs travaux en production de cellules IPS et en différenciation cellulaire, qui seront nécessaires pour répondre à des objectifs spécifiques. Les équipes de recherche candidates devront être multidisciplinaires et formées d’experts en biologie des cellules souches, médecine clinique, épidémiologie, génétique des populations, bio-informatique, modélisation des réseaux, biologie cellulaire, génomique et profilage moléculaire.

Ainsi, l’analyse intégrée des données récoltées aidera à décrypter certains réseaux et voies moléculaires associées à des variants génétiques spécifiques qui conduisent à une maladie particulière. Les représentants du NHLBI expliquent ainsi que « ces recherches permettront de développer une prévention efficace et des stratégies thérapeutiques pour les maladies communes et rares du coeur, du poumon, du sang, et les maladies du sommeil ».

grants.nih.gov/grant…
www.nhlbi.nih.gov/

Un gène contre l’apoptose des cellules de la rétine
En Amérique du Nord, des millions de personnes souffrent de maladie touchant la rétine de l’oeil, comme la rétinite pigmentaire ou le glaucome. Bien que les causes de ces maladies soient différentes, elles provoquent toutes la mort par apoptose des cellules de la rétine, rendant ainsi les patients aveugles. Il n’existe actuellement aucun traitement pour prévenir la cécité due aux maladies de la rétine.

Un groupe de chercheurs canadiens et américains vont recevoir une subvention de 1,4 million de dollars canadiens (CAD) sur 5 ans pour développer une thérapie génique permettant d’éviter cette cécité. Cette équipe de recherche, dirigée par le Dr. Tsilfidis de l’Institut de Recherche de l’Hôpital d’Ottawa (IRHO), regroupera différents experts : le Dr. Hauswith et Dr. Zacks, respectivement des Universités de la Floride et du Michigan, le Dr. Coupland et Dr. Leonard de l’Institut de l’oeil de l’Université d’Ottawa et le Dr. Korneluk du Centre Hospitalier pour Enfants de l’Est de l’Ontario (CHEO).

Les travaux de recherches se concentreront sur le gène XIAP découvert en 1996 par le Dr. Korneluk. Le Dr. Tsilfidis, également Professeur à la Faculté de Médecine de l’Université d’Ottawa, a découvert que ce gène permettait de bloquer le processus d’apoptose. En introduisant le gène XIAP à l’aide d’un virus adéno-associé dans l’oeil, la cécité pourrait être évitée ou du moins permettre de conserver un degré de vision important. Ce type de traitement, utilisé expérimentalement sur un cas de rétinite pigmentaire, s’est avéré prometteur.

La subvention, obtenue en grande partie par des fonds recueillis par la Fondation Lutte contre la Cécité, permettra au chercheur d’améliorer le traitement utilisant le gène XIAP et d’effectuer des essais cliniques chez les patients.


Un nouveau laboratoire d’imagerie médicale
Le 15 mars dernier, un laboratoire d’imagerie médicale de rang mondial a été inauguré à Halifax par le sénateur Stephen Green.

Ce nouveau centre de recherche, dénommé Laboratoire de Magnétoencéphalographie Clinique, est issu d’une collaboration entre le Centre de Soin de Santé Izaak Walton Killam (IWK) d’Halifax, le Conseil National de Recherches Canada (CNRC) et une entreprise finlandaise d’appareillage médicaux. Il permettra le diagnostic de maladies ou de tumeurs cérébrales et offrira des traitements innovants et de qualité aux personnes souffrant de troubles neurologiques, et tout particulièrement les enfants. Il développera également de nouveaux produits pour l’imagerie médicale.

 »Halifax s’impose de plus en plus comme un centre d’expertise sur le cerveau humain et cette installation sera utilisée conjointement par des médecins et des chercheurs du monde entier, a déclaré Patrick McGrath, Vice-président de la recherche au Centre de Soins de Santé IWK. Le Laboratoire de Magnétoencéphalographie Clinique nous permettra d’effectuer de la recherche importante dans des domaines comme l’évaluation de l’état de conscience chez les personnes qui sont atteintes de lésions cérébrales, la fonction neurocognitive, les troubles du développement et les états de conscience altérés. »

Source : Rapports d’Ambassade

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